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dimanche 31 août 2025

Émile Aldebert

Paul Azzopardi et le buste acquis sur le plateau d’Affaire conclue

Cette semaine, l’antiquaire Paul Azzopardi a acquis sur l’émission Affaire conclue (France2) un superbe buste en marbre d’homme présumé être un banquier marseillais, signé d’Émile Aldebert et daté de 1904. Cela a drainé une centaine de spectateurs vers mon blog. Du coup, je me suis rendu compte que je n’ai pas encore donné sa notice biographique issue de mon Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte-d’Azur :

Portrait photographique d’Émile Aldebert, 1902
Collection personnelle

Émile Aldebert (Millau, Aveyron, 28 août 1827 – Marseille, 7 mars 1924), sculpteur

Il s’installe à Marseille à l’âge de 9 ans et, à l’adolescence, fait ses études artistiques à l’école municipale de dessin. Dès 1851, il participe aux expositions de la Société artistique des Bouches-du-Rhône fondée par Émile Loubon (1809-1863), puis à celles du Cercle artistique et de l’Association des artistes marseillais : Spartacus blessé et Un génie éteint (1851, n°1 et 2), L’Amour tirant ses flèches (1855, bas-relief bois, n°5), Ariane à Naxos (1863, statue plâtre, n°312 & 1866, statue marbre, n°335), La Curieuse (1869, statuette terre cuite, n°378), Projet de fontaine à Méry, Papety, Ricard et Gozlan (1891, maquette plâtre, n°461), La Reine Jeanne (1897, médaillon plâtre, n°294), Naufragés (1908, groupe plâtre, n°328), Mes petits-enfants (1912, bas-relief bronze, n°321)…

Émile Aldebert, Ariane à Naxos, marbre, 1866
Photo trouvée sur Internet

Jean Bérengier,
Vivandière (Sambre-et-Meuse), plâtre, 1910 & Émile Aldebert, En détresse (Naufragés), plâtre, 1908, musée des Beaux-Arts de Marseille
Archives municipales de Marseille, 33 Fi 1506

À partir de 1868, il expose aussi au Salon parisien qui devient en 1881 le Salon des artistes français. Il y reçoit d’ailleurs une mention honorable en 1883 (Bateleur, statue plâtre, n°3271 – musée des Beaux-Arts de Marseille) et en 1886 (Enfant jouant avec une chèvre, groupe plâtre, n°3426 – musée des Beaux-Arts de Marseille).

Émile Aldebert, Bateleur, gravure d’après le dessin du sculpteur, 1883

Émile Aldebert, Deux amis (Enfant jouant avec une chèvre), plâtre, 1886, musée des Beaux-Arts de Marseille
Archives municipales de Marseille, 33 Fi 1505

En outre, les grands chantiers marseillais du Second Empire (palais de justice, préfecture des Bouches-du-Rhône, bibliothèque-école des Beaux-Arts) lui permettent de se construire une solide réputation d’ornemaniste. Puis, peu à peu, il gagne ses galons de sculpteur statuaire. Il exécute alors de nombreux édicules publics dont une paire de fontaines dédiées à l’Agriculture et à la Marine pour Sanary-sur-Mer (1867) et divers monuments commémoratifs : Augustin Fabre (hôpital de Sainte-Marguerite, anciennement à l’Hôtel-Dieu, 1893) et Antoine-Dominique Magaud (ancienne école des Beaux-Arts, 1910) à Marseille, Casimir Monier à Eyguières (1896), le Docteur Louis Barthélemy à Aubagne (1897), le Général Gaffori à Corte (1900)…

Émile Aldebert, Constantin, buste, pierre de Calissanne, 1870
Façade de la bibliothèque-école des Beaux-Arts, place Carli, 1er arrondissement

Émile Aldebert, L’Agriculture et La Marine, fontaines, Sanary-sur-Mer, 1867
Cartes postales

Émile Aldebert, Antoine-Dominique Magaud, buste marbre, 1910
Conservatoire national à rayonnement régional Pierre Barbizet, 2 place Carli, 1er arrondissement

Émile Aldebert, Monument au Général Gaffori, Corte, 1900
Carte postale

Parallèlement, il enseigne le modelage (1874), puis la sculpture (1884) à l’école des Beaux-Arts de Marseille. Il occupe ce poste jusqu’à la Première Guerre mondiale. Enfin, le 24 février 1884, il est reçu membre de l’Académie de Marseille. Son hôtel particulier (cf. notice du 30 juin 2020), sis au 11 de la rue de l’Obélisque (rue Louis Maurel), décoré par ses soins, vante aujourd’hui encore, telle une façade publicitaire, toute l’étendue du talent de cet artiste prolifique d’une exceptionnelle longévité. Après son décès, une vente publique disperse son fonds d’atelier les 2 et 3 avril 1924.

Catalogue de la vente du fonds d’atelier d’Émile Aldebert, 1924
Collection personnelle

mercredi 11 septembre 2019

Jean Bérengier

BÉrengier Jean (Marseille, 4 février 1881 – Marseille, 25 septembre 1938), sculpteur
Petit-fils et fils des architectes Pierre-Marius Bérengier (1808-1876) et Louis Bérengier (1848-1905), il se forme à la sculpture à Paris, à l’école nationale supérieure des beaux-arts auprès de Jules Thomas (1824-1905) et Jean-Antoine Injalbert (1845-1933). Il participe au Salon des artistes français de 1907 à 1911 où il reçoit une mention honorable pour un groupe en plâtre pittoresque (Sambre-et-Meuse, 1910). Il expose également au Salon des indépendants de 1906 à 1908 ; là, il présente des peintures, des portraits sculptés, des statuettes teintes ou en céramique, de l’art décoratif (La Chute, cendrier bronze ; L’Énigme, cachet céramique et bronze, 1908). Le musée Cantini conserve de lui une statuette du ténor Lucien Muratore.
La production de Jean Bérengier se compose essentiellement de petits formats, excepté ses envois au Salon des artistes français. Il ne reste hélas quasiment rien de ces grandes statues.

Jean Bérengier, Le pêcheur à la « traficho », plâtre

Jean Bérengier, Le pêcheur à la « traficho », bronze

Salon de 1907 – Le pêcheur à la « traficho », statue plâtre (n°2531)
Bérengier présente une version en bronze de cette statue lors de l’Exposition internationale de l’électricité qui se tient à Marseille en 1908.

Jean Bérengier, Fatalité, plâtre

Salon de 1908 – Fatalité, statue plâtre (n°2840)

Jean Bérengier, Sambre-et-Meuse

Salon de 1910 – Sambre-et-Meuse, statue plâtre (n°3289)
Cette œuvre représente une cantinière du régiment de Sambre-et-Meuse assise sur son âne et clamant un chant patriotique[1]. Elle obtient une mention honorable au Salon puis, en février 1911, intègre les collections du musée des beaux-arts de Marseille. Aujourd’hui elle ne s’y trouve plus ; sans doute a-t-elle été détruite !

Salon de 1911 – Éclosion, statue plâtre (n°3103)
Cette œuvre, haute de 1,80 m, a été offerte par l’artiste au musée Gassendi de Digne en 1911. Malheureusement, la majorité des plâtres – pour ne pas dire la totalité – a été détruite par vandalisme ou par négligence à la fin des années 1960.


[1] Le Régiment de Sambre-et-Meuse est un chant patriotique français composé à la suite de la défaite militaire lors de la Guerre franco-prussienne de 1870. Il évoque l’armée de Sambre-et-Meuse formée après la victoire française de Fleurus (1794) sur les Autrichiens dans ce qui deviendra le département belge de Sambre-et-Meuse, réuni à la France de 1795 à 1814. C’est la musique militaire française la plus jouée après La Marseillaise et le Chant du départ ; elle figure chaque année au défilé du 14 juillet.