Voici,
remise à jour, la notice que j’ai consacrée à Thomas Cartier dans mon Dictionnaire des peintres et sculpteurs de
Provence Alpes Côte-d’Azur :
Cartier Thomas François (Marseille, 21
février 1879 – Saint-Vallier, Drôme, 26 avril 1936), sculpteur, illustrateur et
céramiste
Élève
de Victor Peter (1840-1918) et de Georges Gardet (1863-1939), il se spécialise
dans la sculpture animalière. Il fréquente assidûment, de 1904 à 1935, le Salon
des artistes français où il reçoit plusieurs récompenses : mention
honorable en 1908 (Agonie, groupe
plâtre, et Chat se léchant, statuette
bronze), médaille de 2e classe en 1910 (Agonie,
groupe marbre) et une médaille d’or en 1927 (Renard et Panthère,
plâtres).
François
Thomas-Cartier, Combat de chiens
(plâtre), Salon de 1907, carte postale
Thomas
Cartier, Agonie (plâtre), Salon de
1908, carte postale
Thomas
Cartier, Le Gueux, l’Ouvrier et la
Comtesse (plâtre), Salon de 1909, carte postale
Thomas
Cartier, Une lionne (marbre jaune de Sienne), Salon de 1912, carte postale
On
le trouve aussi dans la section des arts décoratifs avec un Chat persan en céramique en 1912 et des
panneaux de Lions en 1930. Cartier édite
ses œuvres dans de nombreux matériaux : bronze, régule, céramique, terre
cuite… Ses sujets deviennent des motifs de pendule, de garniture de cheminée,
de luminaire…
Thomas
Cartier, Lionne en furie, garniture
de cheminée, métal et marbre
Vente
aux enchères, Cholet, 8 décembre 2022 (lot 300)
Thomas
Cartier, Ours polaire, veilleuse art
déco, régule et verre dépoli
Ebay,
décembre 2022
Thomas
Cartier, Sanglier, céramique
craquelée
Ebay,
décembre 2022
Pendant
la Première Guerre mondiale, il produit de nombreuses œuvres de propagande antiallemande
ou à la gloire des poilus, soit des statuettes, soit des illustrations,
diffusées abondamment sous la forme de cartes postales. Souvent, elles s’accompagnent
de vers de Paul Déroulède (1846-1914) écrits à propos de la guerre
franco-prussienne de 1870.
Thomas
Cartier, Non Mama, pas bo-boche,
carte postale, 1914
Thomas
Cartier, Nos futurs poilus, carte
postale, 1915
Thomas
Cartier, Pour l’Alsace, carte
postale, 1915
Thomas
Cartier, L’Alsace et le zouave, carte
postale, 1914-1915
Ce sujet constituera le motif principal du Monument aux morts de Saint-Amand-en-Puisaye.
Thomas
Cartier, Le clairon, carte postale,
1914
Thomas
Cartier, Le clairon, carte postale,
1915
Thomas
Cartier, Le soir, après la bataille,
carte postale, 1915
Thomas
Cartier, Après la bataille, carte
postale, 1915
Thomas
Cartier, La dernière pensée, carte
postale, 1914
Après
le conflit, il s’installe à Saint-Amand-en-Puisaye, dans la Nièvre. Il
participe alors à la commémoration des morts pour la Patrie en élevant
plusieurs monuments dans les Bouches-du-Rhône, la Nièvre, le Vaucluse, la
Vienne. Là, un animal (coq, lion…) rappelle toujours son statut de sculpteur
animalier. Malheureusement, il utilise de la pierre recomposée qui se dégrade
rapidement ; nombre de ses réalisations sont aujourd’hui détruite, parfois
même de son vivant.
Thomas
Cartier, Monument aux morts de
Saint-Amand-en-Puisaye (détruit), 1920, carte postale
Thomas
Cartier, Monument aux morts de Ciez
(détruit), carte postale
Thomas
Cartier, Monument aux morts de Saint-Vérain
(détruit), carte postale
À
Saint-Amand-en-Puisaye, il s’installe dans l’ancienne poterie Pichard. Il y
découvre le grès. Avec ce matériau, il édite certaines de ses œuvres ; il
se lance également dans une production de poteries et de vases d’un style assez
rustique.
Thomas
Cartier, Vase, grès, 1918
Ebay,
décembre 2022