Le
10 août 1887, un comité pour l’érection d’un monument à la mémoire de Jacques
Daviel (1693-1762) – héros de la peste de 1720, chirurgien-major des galères et
auteur d’une méthode d’extraction du cristallin dans l’opération de la
cataracte – sollicite l’appui financier de la cité phocéenne. Il s’agit du
projet de la Société libre de l’Eure qui lance une souscription en 1887 pour
ériger à Bernay une statue en bronze de Daviel commandée au sculpteur rouennais
Alphonse Guilloux (1852-1839). Le conseil municipal de Marseille délibère de
participer à hauteur de 100 francs et de donner le nom du médecin à l’une de
ses rues (place Daviel).
Quelques
années plus tard, le 8 septembre 1891, Siméon Flaissières (1851-1931) réclame
au conseil municipal de Marseille une subvention de 300 francs pour un buste de
Daviel. La décision est repoussée à la séance du 10 novembre 1891 : la
demande émane de la Société médico-chirurgicale des Hôpitaux de Marseille qui
souhaite honorer le célèbre oculiste dans l’une des salles de l’Hôtel-Dieu. Le
conseil municipal alloue les subsides demandés. Le commanditaire s’adresse au
sculpteur Guilloux qui isole le buste de la statue de Bernay. Enfin, le buste
est érigé devant l’Hôtel-Dieu plutôt que caché dans une salle obscure.
Après
sa fermeture en 2006, l’hôpital est transformé en hôtel de luxe l’Inter Continental
Marseille, établissement 5 étoiles. Toutes les œuvres d’art qui s’y trouvaient
déménagent alors dans les locaux des Amis du Patrimoine Médical de Marseille
dans l’enceinte de l’hôpital Sainte-Marguerite. C’est dans ce lieu trop méconnu
du grand public que le buste vit un exil immérité.
Hôpital Sainte-Marguerite, 9e arrondissement
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