mercredi 7 octobre 2026

Vente de photos chez R&C

La maison de ventes R&C vend le 23 octobre prochain un important fonds de photographies marseillaises. Plusieurs lots ont un lien avec des monuments ou des sculptures. Beaucoup de ses documents sont déjà connus et ont des doubles aux archives ; d’autres sont, en revanche, inédits.

Lot 216


Adolphe Terris (1820-1899), modèles plâtre pour la galerie des Saints de la Major : Sainte Marthe d’Émilien Cabuchet (1819-1902 – cf. notice du 22 août 2019) et le Christ d’Eugène Guillaume (1822-1905). Par contre, la datation vers 1865 est fausse ; la commande de ces sculptures date de 1875 ! L’estimation est de 4 000/5 000 €.

Lot 217 & 222

Adolphe Terris (1820-1899), modèles plâtre pour les fauves du Palais Lonchamp d’Antoine-Louis Barye (1795-1875 – cf. notice du 30 janvier 2024), vers 1865. L’estimation est de 3 000/4 000 € pour le lot 217 et de 1 000/1 200 € pour le lot 222.

Lot 221

Adolphe Terris (1820-1899), Atlantes du Musée des Beaux-Arts au Palais Longchamp de Jules Cavelier (1814-1894), vers 1865 ? L’estimation est de 3 000/4 000 €.

Lot 223

Adolphe Terris (1820-1899), différents décors du Palais Longchamp, vers 1865 ? L’estimation est de 1 000/1 200 €.

Lot 291

Victor de Gaudemaris (1835-1918), maquette de Marseille, allégorie sommitale de la fontaine Cantini d’André Allar (1845-1926) devant le musée du Vieux Marseille en 1912. L’estimation est de 300/400 €.

Lot 292

Victor de Gaudemaris (1835-1918), chantier de la fontaine Cantini d’André Allar (1845-1926). L’estimation est de 300/400 €.

Lot 339

Anonyme, allégorie de La Victoire d’Antoine Sartorio (1885-1987) pour le Monument aux héros de l’armée d’Orient et des terres lointaines dans l’atelier du fondeur, vers 1927. L’estimation est de 800/900 €.

dimanche 9 août 2026

Les statues mythologiques d’Ary Bitter

On connaît surtout le sculpteur Ary Bitter (1883-1973) pour ses sculptures animalières, parfois accompagnées d’un faune ou d’une fillette. Durant l’Entre-deux-guerres, il expose au Salon de la Société des artistes français de nombreuses statues mythologiques, principalement féminines. Diane est alors l’un de ses sujets favoris.

1922- n°3056 : Bacchus (pierre – cf. notice du 8 juin 1926)

1924-  n°3240 : Diane (pierre – médaille d’or)

            n°52 de l’exposition de la décoration : À l’enfant Bacchus (pierre)

Ary Bitter, Diane, modèle plâtre de la statue de 1924, carte postale
Donné par l’auteur à l’État et aujourd’hui conservé au Musée de la Piscine (Roubaix)

1927-  n°2979 : Chloé allongée (cire perdue éditée par Les Neveux de J. Lehmann)

1928- n°3140 : Diane endormie (statue plâtre)
           n°3141 : Chloé (groupe bronze)

1929-  n°3505 : Diane endormie (statue plâtre)

            n°3506 : Diane debout (statuette plâtre, éditée par Les Neveux de J. Lehmann)

1931-  n°3479 : Diane chasseresse (groupe bronze sur un socle en marbre édité par Les Neveux de J. Lehmann)

            n°3480 : Diane (fontaine plâtre)


1933-  n°3795 : Psyché (statue plâtre)


Ary Bitter, Psyché, statue plâtre, 1933, carte postale


1934- n°3475 : Psyché (pierre)

            n°3476 : Cupidon (pierre)


1935- n°3253 : Léda (statue plâtre)

lundi 6 juillet 2026

Une œuvre de jeunesse d’Henri Lombard

Vendredi prochain, 10 juillet, l’hôtel des ventes de Riom vendra une œuvre de jeunesse du sculpteur marseillais Henri Lombard (1855-1929). Il s’agit d’un buste d’homme portant des favoris et vêtu d’un veston boutonné sur la poitrine. Le portrait en plâtre patiné repose sur piédouche teinté en noir pour une hauteur totale de 70 cm. Il est signé et daté sur la tranche, du côté gauche : Lombard Hri 1873. Les nombreux éclats et le caractère anonyme du modèle justifie une estimation basse de 150 à 200 €.

Henri Lombard, Homme aux favoris, buste, plâtre patiné, 1873
Hôtel des ventes de Riom, lot 76

En 1873, millésime du buste, Henri Lombard a tout juste 18 ans et fréquente l’école des Beaux-Arts de Marseille. Il suit notamment les cours de sculpture d’Antoine Bontoux (1805-1892). Cette année-là, il obtient un 2e 2nd prix pour une académie d’après la bosse, le Faune au chevreau.

Henri Lombard, Le Faune au chevreau, dessin, 1873
Archives municipales de Marseille, 26 Fi 1873

Vu son âge, le buste représente probablement un proche. Est-ce l’effigie du père de l’artiste, le capitaine au long cours Jacques Lombard (1808-1889) à 65 ans ? Est-ce le portrait de son oncle maternel, le propriétaire Jules Desbief (1821-1893) à 52 ans ? Le second profil semble le candidat le plus crédible.

mardi 23 juin 2026

Jacques Daviel (Alphonse Guilloux sculpteur)

Le 10 août 1887, un comité pour l’érection d’un monument à la mémoire de Jacques Daviel (1693-1762) – héros de la peste de 1720, chirurgien-major des galères et auteur d’une méthode d’extraction du cristallin dans l’opération de la cataracte – sollicite l’appui financier de la cité phocéenne. Il s’agit du projet de la Société libre de l’Eure qui lance une souscription en 1887 pour ériger à Bernay une statue en bronze de Daviel commandée au sculpteur rouennais Alphonse Guilloux (1852-1839). Le conseil municipal de Marseille délibère de participer à hauteur de 100 francs et de donner le nom du médecin à l’une de ses rues (place Daviel).

Alphonse Guilloux, Jacques Daviel, statue, bronze, 1890 – carte postale
Réalisée par le fondeur Thiébaud frères, elle est érigée en 1891 sur la place de l’Hôtel de Ville de Bernay en 1891 ; elle est fondue en 1942 sous le régime de Vichy.

Quelques années plus tard, le 8 septembre 1891, Siméon Flaissières (1851-1931) réclame au conseil municipal de Marseille une subvention de 300 francs pour un buste de Daviel. La décision est repoussée à la séance du 10 novembre 1891 : la demande émane de la Société médico-chirurgicale des Hôpitaux de Marseille qui souhaite honorer le célèbre oculiste dans l’une des salles de l’Hôtel-Dieu. Le conseil municipal alloue les subsides demandés. Le commanditaire s’adresse au sculpteur Guilloux qui isole le buste de la statue de Bernay. Enfin, le buste est érigé devant l’Hôtel-Dieu plutôt que caché dans une salle obscure.

Alphonse Guilloux, Jacques Daviel, buste, bronze, 1892
Présentation devant l’Hôtel-Dieu, 2e arrondissement

Après sa fermeture en 2006, l’hôpital est transformé en hôtel de luxe l’Inter Continental Marseille, établissement 5 étoiles. Toutes les œuvres d’art qui s’y trouvaient déménagent alors dans les locaux des Amis du Patrimoine Médical de Marseille dans l’enceinte de l’hôpital Sainte-Marguerite. C’est dans ce lieu trop méconnu du grand public que le buste vit un exil immérité.

Alphonse Guilloux, Jacques Daviel, buste, bronze, 1892
Association des Amis du Patrimoine Médical de Marseille,
Hôpital Sainte-Marguerite, 9e arrondissement

lundi 8 juin 2026

Bacchus enfant (Ary Bitter sculpteur)

Le 11 juin prochain, la maison de ventes parisienne Rossini mettra aux enchères un petit bronze à patine verte nuancée – 14 x 25 x 13,5 cm – du sculpteur Ary Bitter (1883-1973), figurant Bacchus enfant (lot 90). Ce charmant sujet a été fondu à la cire perdue par Susse Frères Éditeurs Paris vers 1925. Il est estimé entre 800 et 1 200 €.

Ary Bitter, Bacchus enfant, statuette bronze, vers 1925
Vente Rossini, 11 juin 2026, lot 90

Ce motif paraît au Salon de la Société des artistes français de 1924, dans l’exposition de la décoration : n°52- À l’enfant Bacchus, pierre. Créateur du modèle : M. Ary Bitter. Il figure un garçonnet aux cheveux longs, assis frontalement et le sexe apparent, tenant son thyrse de la main gauche. Cette sculpture en pierre est entrée dans les collections du Musée Cantini (n° inv. 1373) en 1937, mais est aujourd’hui non localisée.
La vente prochaine est donc l’occasion de mettre un visuel sur une œuvre seulement connue par une fiche papier (ou numérique) !

dimanche 31 mai 2026

Ève après le péché (Ferdinand Faivre sculpteur)

Le 9 juin prochain, l’étude Tajan vendra aux enchères, à Paris, une belle statue en marbre blanc de Ferdinand Faivre (1860-1937). Elle représente Ève après le péché. Elle est signée F. Faivre et mesure 57 x 39 x 32 cm. Elle est estimée entre 2 000 et 3 000 francs.


Ferdinand Faivre, Ève après le péché

Il s’agit très probablement de la statuette en marbre intitulée Ève, exposée au Salon de la Société des artistes français de 1901 (n°3170). Ce sujet existe également en terre cuite ; un exemplaire est exposé au Salon d’hiver de 1920 (n°1131- Ève après le péché).

vendredi 22 mai 2026

Monument aux Héros de la Police (Raymond Servian sculpteur)

Lors des prochaines Journées Européennes du Patrimoines, le public aura l’occasion de visiter partiellement l’Évêché et de découvrir, dans la cour du bâtiment construit par l’architecte mars1eillais René Egger (1915-2016), le Monument aux Héros de la Police sculpté par Raymond Servian (1903-1953).

Raymond Servian sculptant l’allégorie du Droit, vers 1950
Photographie extraite de Paul Sentenac, Raymond Servian, 1954

Au début des années 1950, Raymond Servian réalise deux Monuments aux Héros de la Police, le premier pour Neuilly-sur-Seine et le second pour Marseille. Le monument francilien, conçu en collaboration avec le peintre bordelais Louis Jean Lefort (1875-1954) pour la partie architecturale, se décompose en deux fontaines faisant pendant. Au milieu d’un bassin, chacune accueille au large pilier sur lequel s’adosse une allégorie : le Droit pour l’une et l’Immortalité pour l’autre. L’iconographie est complétée par une série de bas-reliefs, trois pour chaque fontaine figurant les actes héroïques et les martyres des policiers, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale.

Raymond Servian et Louis Jean Lefort, Monument aux Héros de la Police, fontaines, pierre ou béton, vers 1950, place Winston-Churchill, Neuilly-sur-Seine

Raymond Servian et Louis Jean Lefort, Le Droit

Raymond Servian et Louis Jean Lefort, L’Immortalité

Dans le même temps, Servian réalise donc un Monument à la Police de France et d’Outre-Mer pour Marseille pour lequel il reprend la figure du Droit et ré-agence les six bas-reliefs sur une tourelle.

Raymond Servian, Le Droit, haut-relief, pierre ou béton, vers 1950, Évêché, 2e arrondissement

Le sculpteur représente son allégorie sous les traits d’un soldat romain, la Rome antique étant en effet l’un des berceaux de la science juridique. Il porte une tunique et un manteau, une frange typique du bas empire. Ses mains reposent sur le pommeau de sa longue épée, plantée au sol entre ses deux jambes viriles. Cette attitude rappelle que la force doit demeurer au service de la Justice.

Raymond Servian, Dévouement / Déportés / Combats, bas-reliefs, pierre, vers 1950, 
Évêché, 2e arrondissement

Raymond Servian, Victimes du devoir / Internés / Prisonniers, bas-reliefs, pierre, vers 1950, 
Évêché, 2e arrondissement

Les six bas-reliefs, superposés trois par trois sur les faces latérales du monument, évoquent les actes héroïques (Dévouement / Victimes du devoir / Combats) et les souffrances (Prisonniers / Internés / Déportés) des policiers pendant la guerre et dans la Résistance.