Le 7
mars prochain, la salle des ventes de Bourges met aux enchères un buste d’homme
en terre cuite signé d’un sculpteur marseillais rare sur le marché public :
François Mourgues.
François
Mourgues, Portrait masculin, terre cuite, H. 44 cm, 1948
Hôtel
des ventes de Bourges, estimation 80 €/100 € - adjugé 80 €
C’est
enfin l’occasion pour moi de donner la notice enrichie que je lui avais
consacrée dans le Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes
Côte-d’Azur :
François Mathieu Mourgues (Marseille, 21
septembre 1884 – Paris, 17 août 1954), sculpteur
Boursier
de la ville de Marseille en 1905, il entre dans l’atelier de Jules Coutan (1848-1939)
à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. Dès lors, il s’installe
définitivement dans la capitale où il épouse Victorine Marie Bargès le 15
octobre 1923.
En
1907, il participe au concours du Monument à Louis Salvator, remporté par
Constant Roux (1864-1942). Par ailleurs, il expose régulièrement au Salon de la
Société des artistes français dont il est sociétaire depuis 1913. Il y obtient
plusieurs récompenses : mention honorable en 1914 (Improvisateur,
groupe plâtre), médaille de bronze en 1920 (le dramaturge marseillais Charles
Méré [1883-1970] auteur de La Captive, buste plâtre, et 11
novembre 1918, fin d’Empire, statue plâtre) et médaille d’argent en 1926 (Sur
les ruines, statue pierre de Lens).
François
Mourgues, 11 novembre 1918, fin d’Empire, statue plâtre, 1920, carte
postale
L’œuvre
évoque la chute des empires allemand et austro-hongrois après l’armistice.
François
Mourgues est l’auteur de plusieurs monuments aux morts dont les maquettes ou
des fragments sont parfois exposés au Salon : Crouy-sur-Ourcq (Seine-et-Marne,
1922), Vertus (Marne, 1923), Fismes (Marne, 1924), Lourdes (Hautes-Pyrénées,
1924), Romilly-sur-Seine (Aube, 1927), Monument aux morts de l’industrie
chevaline (Paris, 106 rue Brancion, 1930). Il est également l’auteur de
sculptures funéraires comme la tombe C. Ruffier des Aimes (1927) au cimetière
Saint-Pierre de Marseille.
François
Mourgues, Monument aux morts de Crouy-sur-Ourcq, pierre, 1922, cartes
postales
François
Mourgues, Monument aux morts de Vertus, pierre, 1924, cartes postales
François
Mourgues, Monument aux morts de Fismes, pierre d’Euville, 1924, carte
postale
François
Mourgues, Monument aux morts de Lourdes, maquette, catalogue du Salon de
1924
Mourgues
expose deux maquettes en 1924 ; la légende inverse l’identification des
monuments
François
Mourgues, Monument aux morts de Lourdes, bronze, après 1924
Cette
sculpture est parfois attribuée de façon erronée à Louis Grimal (1872-1944).
François
Mourgues, Monument aux morts de Romilly-sur-Seine, pierre, 1927, carte
postale
François
Mourgues, Monument aux morts de l’industrie chevaline, pierre, 1930
106
rue Brancion, 75015 Paris
Ce
monument est situé sur l’ancien abattoir hippophagique de Vaugirard.
Outre
des monuments commémoratifs, François Mourgues expose de nombreux portraits :
le dramaturge Victorien Sardou (1831-1908) en 1922, le chirurgien-chef
de Boucicaut Charles Dujarier (1870-1931) en 1928, l’architecte arménien
naturalisé français Léon Nafylian (1877-1937) en 1933, l’aviateur Jean
Mermoz (1901-1936) en 1938… Il présente également une sculpture animalière en
1927 : Deux frères, chats en bronze.
François
Mourgues, Deux frères, groupe bronze, 1927
Vendu
aux enchères le 19 mai 2017 à l’Hôtel Drouot (L’huillier & associés, lot
242)
Il
est encore l’auteur d’une superbe statue orientaliste, exposée en 1929 et
intitulée Tanit-Zerga. Il s’agit un personnage de L’Atlantide
publié par Pierre Benoît (1886-1962), grand prix du roman de l’Académie
française en 1919. Cette adolescente est une princesse africaine de l’ethnie
Sonrhaï, enlevée par des Touaregs et esclave de la reine Antinéa dans le
Hoggar.
François
Mourgues, Tanit-Zerga, statue, plâtre polychromé, H. 200 cm, 1929
Musée
du quai Branly – Jacques Chirac, Paris, inv. 75.15509.1
©
musée du quai Branly – Jacques Chirac, Dist. GrandPalaisRmn / Léo Delafontaine
Outre
Tanit-Zerga, le musée du quai Branly – Jacques Chirac possède deux autres
sculptures de François Mourgues, don de sa veuve à l’État français : une
statuette du maréchal Joseph Joffre (1852-1931) et un buste du général Philippe
Leclerc de Hauteclocque (1902-1947).

François
Mourgues, Le maréchal Joffre, statuette plâtre, H. 46,5 cm, 1916
Musée
du quai Branly – Jacques Chirac, Paris, inv. 75.15509.3
©
musée du quai Branly – Jacques Chirac, Dist. GrandPalaisRmn / Léo Delafontaine
François
Mourgues, Le général Leclerc, buste plâtre, H. 63,5 cm, 1947
Musée
du quai Branly – Jacques Chirac, Paris, inv. 75.15509.2
©
musée du quai Branly – Jacques Chirac, Dist. GrandPalaisRmn / Léo Delafontaine