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jeudi 5 décembre 2024

Actualité des ventes

Comme chaque année, l’étude parisienne Crait + Müller a organisé une vente « Sculptures » à l’hôtel Drouot. Cette vente s’est tenue le vendredi 29 novembre. Comme souvent, des sculpteurs marseillais étaient représentés. En revanche, sans doute à cause de la crise actuelle, la moitié seulement des lots a trouvé preneur.

Lot 98 : Auguste Carli (1868-1930),
La Lutte de Jacob et de l’Ange
Groupe, terre cuite, H. 40 cm, circa 1901
Estimé 1 500/2 000 € - Vendu 1 500 €

Cette esquisse est une première étude pour le groupe de La Lutte de Jacob et de l’Ange. Ici, l’être céleste a les ailes déployées et la main gauche posée sur le bras de Jacob ; ces caractéristiques disparaissent dans la version monumentale exposée au Salon des artistes français de 1902 (n°2323). Toutefois, François Carli (1872-1957), frère de l’artiste, diffusera des moulages en plâtre de cette première ébauche bien que dans un format plus grand (H. 69 cm). Quant au nom métaphorique d’Esprit et Matière sous lequel on connaît souvent l’œuvre, il n’apparaît que tardivement, vers 1911.


Lot 161 : Thomas Cartier (1879-1943),
Chat assis
Bronze à patine brune sur une base en marbre vert, H. 11,5 cm
Estimé 400/600 € - Vendu 1 300 €

Sculpteur animalier, Cartier sculpte des chats dans diverses postures. Ce chat assis, fondu par Siot à Paris, présente une ciselure et une patine qui justifient son prix élevé.

Lot 168 : Ary Bitter (1883-1873), Serre-livres aux éléphants
Paire de bronzes à patine verte, H. 25,5 cm et H. 15,5 cm, circa 1926
Estimé 6 000/8 000 € - Invendu

Ary Bitter édite dans l’Entre-deux-guerres de nombreux modèles de sculptures animalières, dont ces serre-livres fondus par Susse Frères éditeurs à Paris. Ils se vendaient extrêmement chers il y a quelques années encore. Toutefois, ils ne sont pas rares et, s’ils ne présentent des particularités (patine dorée, défenses en ivoire…) se vendent moins bien aujourd’hui.

Lot 169 : Ary Bitter, Serre-livres aux ours polaires
Paire de bronze à patine brun vert, H. 24 cm et H. 25 cm, circa 1935 ?
Estimé 12 000/15 000 € - Invendu

Plus rare que le Serre-livre aux éléphants, le Serre-livres aux ours polaires est très apprécié. Toutefois, l’estimation qui ne semble pas correspondre au marché actuel est, à mon avis, excessive… d’où l’échec de cette vente !

Lot 210 : Louis Dideron (1901-1980), Baigneuse s’essuyant le pied droit
Sculpture en pierre en taille directe, H. 28,5 cm
Estimé 3 500/4 000 € - Invendu

Cette statuette est caractéristique de l’œuvre de Dideron qui taille des jeunes femmes bien en chair. Dommage qu’elle n’ait pas trouvé preneur. L’estimation était vraisemblablement trop haute d’au moins 1 000 € !

Lot 214 : Marcel Damboise (1903-1992), Petit portrait de Danielle, 2e version
Tête, marbre de Paros, H. 13,5 cm, circa 1963-1964
Estimé 1 500/2 000 € - Vendu 1 400 €

L’étude Crait + Müller poursuit ici la dispersion de l’atelier de Damboise. Ce portrait est celui de sa fille cadette âgée d’une vingtaine d’années.

Lot 222 : Marcel Damboise, Étude préparatoire à La grande Christiane
Sanguine sur papier, H. 50 cm – L. 33 cm, circa 1955-1960
Estimé 200/300 € - Vendu 200 €

Ce dessin, exposé à la Fondation Taylor au printemps 2018 dans le cadre de l’exposition Les maîtres de la sculpture figurative 1938-1968, aurait dû, selon moi, faire un meilleur prix. Christiane, le modèle, a inspiré plusieurs statues importantes à Damboise dont une a été vendue en 2020 (cf. notice du 23 novembre 2020 – Suite de la vente de l’atelier de Marcel Damboise).

dimanche 26 novembre 2023

Vente aux enchères

Chaque année, à l’automne, la maison parisienne Crait + Müller propose une importante vente aux enchères de sculpture. La prochaine aura lieu à l’Hôtel Drouot, salle 10, le 8 décembre 2023. Cette année encore, plusieurs sculpteurs marseillais sont représentés.

Lot 66 : Auguste Carli, La lutte de Jacob avec l’ange ou Esprit et Matière
Bronze à patine brune fondu par A. Planquette, H. 75 cm – estimation : 2800/3500 €

Auguste Carli (1868-1930) réalise vers 1901 une première version du groupe avec un ange aux ailes déployées. En 1902, il envoie au Salon des artistes français un plâtre colossal (3,65 m) qui obtient une médaille de 1ère classe conjointement avec le marbre du Christ et Sainte Véronique. L’œuvre est acquise par un collectif d’amateurs et d’amis qui l’offre au musée des beaux-arts de Marseille.
Deux fondeurs vont éditer des réductions de la sculpture. Susse frères réalise une version de 1,03 m de haut ; A. Planquette propose une taille plus modeste de 75 cm. Quoi qu’il en soit, ces éditions datent vraisemblablement du début de l’Entre-deux-guerres, au moment où Carli exécute une version en bronze haute de 3,20 m pour la république du Paraguay (1918).

Lot 126 : Thomas Cartier, Chat persan à la pelote
Bronze à patine brun clair nuancé de vert, H. 14,5 cm – estimation : 600/800 €

Lot 127 : Thomas Cartier, Chat angora au collier
Bronze à patine brun clair H. 16 cm – estimation : 800/1000 €

Lot 128 : Thomas Cartier, Chat angora
Bronze doré, H. 14,5 cm – estimation : 700/800 €

Thomas Cartier (1879-1943) se spécialise dans la sculpture animalière qu’il expose assidument au Salon des artistes français entre 1904 et 1935. Dès ses débuts, il présente des chats. Ainsi, en 1908, il obtient une mention honorable pour un Chat se léchant (statuette bronze) associé au groupe en plâtre Agonie et, en 1912, il montre un Chat persan en céramique dans la section d’art décoratif.

Lot 130 : Gustave Guétant, Chat à la toilette
Bronze à patine brune, cire perdue de C. Valsuani, H. 8,8 cm – estimation : 1200/1500 €

Le cachet du fondeur Claude Valsuani, actif de 1908 à 1923, est conservé par son fils et successeur Marcel Valsuani. De fait, ce Chat à la toilette de Gustave Guétant (1873-1953) est probablement postérieur à 1923 puisque le Marseillais se tourne tardivement vers la sculpture animalière : dans les années 1930, il expose essentiellement des lions et des lionnes.

Lot 180 : Marcel Damboise, Portrait de Danielle Damboise
Tête en marbre sur une base en bois naturel, H. 19 cm – estimation : 3000/4000 €

Crait + Müller disperse depuis plusieurs années le fonds d’atelier de Marcel Damboise (1903-1992). Cette fois, il s’agit d’une petite tête en marbre blanc. Il s’agit d’un portrait de Danielle, la fille de l’artiste. Cette petite œuvre rappelle que Damboise, issu d’une modeste famille marseillaise, a abandonné sa formation à l’École des beaux-arts pour devenir tailleur de pierre.

lundi 23 novembre 2020

Suite de la vente de l’atelier de Marcel Damboise

Vendredi 27 novembre, l’étude Crait & Müller organise sa vente annuelle de sculptures. Après la dispersion du fonds d’atelier de Marcel Damboise (1903-1992) le 8 avril 2016 et de neuf autres de ses œuvres le 6 novembre 2019 (cf. notice du 5 novembre 2019), la maison de ventes propose encore cinq sculptures du statuaire marseillais aux enchères :

Lot 118 : Marcel Damboise, Danielle, 1985
Médaillon en terre cuite, signé et daté, Ø 31 cm
Estimation : 200 - 300 € / vendu 180 €

Il s’agit du dernier portrait exécuté par le sculpteur de sa fille cadette Danielle Damboise. En 1985, elle est âgée d’une quarantaine d’années.

Lot 119 : Marcel Damboise, Danielle, vers 1957
Grand buste en plâtre, non signé, 62 x 44 x 37 cm
Estimation : 800 - 1 000 € / vendu 750 €

Cet autre portrait représente cette fois Danielle Damboise adolescente, âgée d’environ 16 ans. Le plâtre présente des clous de mise au point ; il a servi pour la taille du buste en marbre conservé au musée Despiau-Wlérick de Mont-de-Marsan (Landes).


Lot 120 : La Christiane, 1958-1960
Statue en plâtre, non signée, 90 x 41 x 20 cm
Estimation : 1 000 - 2 000 € / vendue 1300 €

Christiane, adepte du yoga, est un modèle régulier de Marcel Damboise pour lequel elle pose à partir de 1958. La Christiane est une sculpture existant en deux formats : 40 et 90 cm de hauteur.

Lot 121 : Marcel Damboise, Jeune mauresque au sarouel, 1932
Statue en plâtre, non signée, 65 x 23 x 13 cm
Estimation : 600 - 800 € / vendue 600 €

La Jeune Mauresque au sarouel est l’une des œuvres majeure de l’artiste réalisé lors de son séjour en Algérie au début des années 1930. La sculpture est éditée en bronze par le fondeur Valsuani ; l’artiste fait d’ailleurs don de la première épreuve au musée des beaux-arts d’Alger.

Lot 122 : Marcel Damboise, torse de Femme se tenant les seins, 1939-1941
Épreuve posthume en terre cuite, non signée, 33 x 8,2 x 8,2 cm
Estimation : 1 500 - 2 000 € / non vendue

La Femme se tenant les seins paraît au Salon des Tuileries de 1941 puis, la même année, à la galerie Louis Carré (Paris). Ce motif connaît un grand succès : Damboise l’édite en bronze, taille une version en marbre et multiplie des épreuves en terre cuite fragmentaires (bustes, petits et grands torses).

jeudi 30 juillet 2020

Brigitte Baumas

Le 7 avril 2016, a eu lieu une première vente du fonds d’atelier de Marcel Damboise (1903-1992). Parmi les œuvres dispersées ce jour-là se trouvait un portrait de la sculptrice marseillaise Brigitte Baumas. C’est l’occasion de donner – en l’enrichissant – la petite notice que je lui ai consacrée dans le Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte-d’Azur.

Marcel Damboise, Brigitte Baumas, plâtre, 1954-1956
Lot 71 de la vente Damboise du 7 avril 2016
Vendu 1800 €

Baumas Brigitte (Marseille, 31 janvier 1937 – Paris, 28 février 2014), sculptrice
Élève du sculpteur Louis Leygue (1905-1992) à l’École nationale supérieur des beaux-arts, elle remporte le 1er second prix de Rome en 1961 avec La Naissance du jour. Néanmoins, elle part pour l’Italie, accompagnant son compagnon André Barelier (1934-2021), grand prix de Rome de sculpture cette même année. Elle l’épouse le 6 décembre 1963 et en aura deux enfants : le fondeur d’art Romain Barelier (né à Rome en 1964) et la créatrice de bijoux Estelle Barelier (née à Marseille).

Brigitte Baumas, Romain Barelier, dessin

Par arrêté du 12 mars 1963, elle obtient une commande publique, dans le cadre du 1% artistique, pour décorer l’Institut de Pédiatrie et de Rééducation Fonctionnelle de Marseille. Pour autant, l’ensemble de son œuvre est plutôt intimiste et ses sculptures traduisent souvent le quotidien tranquille des modèles dans l’atelier.

Brigitte Baumas, Femme assoupie dans un fauteuil, bronze

Brigitte Baumas, Femme au fauteuil, bronze

mardi 5 novembre 2019

Marcel Damboise

Marcel Damboise, Autoportrait, plume & encre de chine, 1980-1987
Lot 128 de la vente du 8 avril 2016

Outre des sculptures de Louis Botinelly, la maison de ventes aux enchères Crait & Müller disperse neuf œuvres de Marcel Damboise ce mercredi 6 novembre 2019. C’est le plus vaste ensemble de cet artiste depuis la vente de son fonds d’atelier le 8 avril 2016. C’est l’occasion de donner ici la notice que je lui ai consacrée dans le Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte-d’Azur.

Damboise Marcel (Marseille, 8 août 1903 – Paris, 2 février 1992), sculpteur
Issu d’une famille modeste, il fréquente l’École des Beaux-Arts de Marseille très jeune, de 1916 à 1918. La disparition de son père le pousse à entrer en apprentissage : de 1919 à sa conscription au service militaire, il apprend le métier de tailleur de pierre auprès de Louis Botinelly (1883-1962) sur les chantiers de différents monuments aux morts. En 1925, il monte à Paris, travaillant pour des marbriers et des bronziers. En 1928, il épouse la fille du peintre Georges Dorignac et devient le beau-frère des peintres André Hébuterne et Henri Epstein. Dès l’année suivante, il expose dans les Salons parisiens : aux Tuileries (Tête de femme, marbre, 1929), aux Indépendants, au Salon d’Automne (Jeune femme s’habillant, 1930 ; Figure de femme, 1931)…

Lot n°191- Marcel Damboise, Torse de Femme se tenant les seins, 1939-1941
Épreuve en terre cuite posthume, 1500 / 2000 € - vendue 1400 €
Le motif de la Femme se tenant les seins est exposé au Salon des Tuileries de 1941

De 1932 à 1934, il est pensionnaire à la villa Abd-el-Tif, à Alger ; là, il exécute le Monument aux morts de Foundouk. En 1939, il est lauréat du Prix Viking. Mobilisé en 1939-1940, il incorpore le régiment "Camouflage" ; il y rencontre Jean-Louis Barrault (buste plâtre, 1940). Durant cette période difficile, il reçoit néanmoins quelques commandes comme Saint Marcel (statue pierre, 1943) pour l’église Saint-Marcel de Vitry-sur-Seine.

Lot n°192- Marcel Damboise, Figure pour la ville de Bordeaux, 1939-1941
Modèle plâtre, 4000 / 6000 € - vendu 5800 €
Cette figure féminine lui est commandée le 30 juin 1939 pour orner le stade municipal de Bordeaux en pendant de l’Athlète d’Alfred Janniot (1889-1969). Les deux statues sont coulées en bronze et installées en 1941 ; elles sont toujours en place.

Après-guerre, de 1948 à 1954, il s’installe en Algérie où il sympathise avec Albert Camus (1913-1960) ; plus tard, il sculpte un portrait posthume de ce dernier (buste bronze, Théâtre de l’Odéon, Paris, achat de l’État du 6 juillet 1964).

Lot n°189- Marcel Damboise, Albert Camus, 1961-1963
Plâtre, 2000 / 3000 € - invendu

En 1953, il obtient le Prix de la Villa d’Este. En 1954, il est nommé professeur aux cours du soir à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, poste qu’il occupe jusqu’en 1973. Enfin, en 1963, il participe à la fondation du Groupe des Neuf. Le musée de Louviers conserve de lui un buste pierre de Rouget de l’Isle (1940) et la présidence du Conseil de la République au Palais du Luxembourg possède une statuette pierre, Femme à la draperie (1950).

Lot n°196- Marcel Damboise, Étude de nu
Dessin au crayon signé en bas à droite, 200 / 300 € - vendu 200 €