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lundi 20 mars 2023

Immeuble art nouveau (André Martin sculpteur)

Contrairement à l’art déco qui pullule, Marseille compte très peu d’art nouveau (quoique de très belle qualité). L’un de ces rares exemples est un immeuble de rapport – c’est-à-dire mis à la location par son propriétaire – érigé par l’architecte suisse Léonce Muller (1859-1937) en 1909. L’immeuble, érigé sur le boulevard Périer au n°93 (aujourd’hui le n°117) pour un coût de 106 500 francs, a été publié dans les Monographies de bâtiments modernes vers 1909-1910 (n°262).


Léonce Muller, immeuble de rapport, 1909
117 boulevard Périer, 8e arrondissement

L’art nouveau surprend le littérateur qui déclare à propos de l’immeuble : « En construisant cet édifice dans un style original, l’éminent architecte de la ville s’est exceptionnellement, mais très habilement, écarté de la nature très correcte de ses œuvres antérieures. »
Léonce Muller fait appel au sculpteur-ornemaniste André Martin (1869-1939) pour décorer la façade en pierre d’Arles, principalement une petite tête de femme au-dessus de l’oculus de la porte d’entrée ainsi que deux énormes cornes d’abondance – un peu lourdes – pour encadrer et soutenir le bow-window.

A. Raguenet, Monographies de bâtiments modernes, n° 262, maison à loyer

Léonce Muller et André Martin, tête de femme et signature de l'architecte, 1909
117 bd Périer, 8e arrondissement

Léonce Muller et André Martin, cornes d’abondance du bow-window, 1909
117 bd Périer, 8e arrondissement

vendredi 29 avril 2022

André Martin

Je suis récemment tombé sur le CV du sculpteur ornemaniste André Martin. C’est l’occasion pour moi de lui dresser une petite notice biographique :

André Martin (Arles, 7 février 1869 – Marseille, 17 janvier 1939), sculpteur ornemaniste
Élève de l’école des beaux-arts de Marseille, il y obtient les principaux prix, notamment le prix Cantini et le prix Granoux. Il poursuit sa formation à l’école d’art décoratif de Nice.
Il participe à la décoration de plusieurs bâtiments marseillais : la maison de la Mutualité (rue François Masson, 2e arrondissement), le pavillon de la Société des architectes (130 avenue du Prado, 8e arrondissement), le Comptoir d’escompte de Paris (place Saint-Ferréol, 6e arrondissent), le Pavillon du partage des eaux (avenue des Chutes-Lavie, 4e arrondissement), le four crématoire (cimetière Saint-Pierre, 10e arrondissement)... Il décore aussi la mairie de Gardanne (Bouches-du-Rhône).

Pavillon de la Société des architectes, 1902
130 avenue du Prado, 8e arrondissement
Dessin de la façade (Catherine d’Ortoli) & détails

Pavillon du partage des eaux, 1906
Avenue des Chutes-Lavie, 4e arrondissement 

Il réalise également des décors pour des immeubles privés. On lui doit, entre autres, une statue d’angle de Saint Joseph pour un immeuble sis à l’intersection du boulevard Garibaldi et de la rue Guy Môquet.

André Martin, Saint Joseph, statue, pierre, s.d.
13 boulevard Garibaldi, 1er arrondissement

Il présente par ailleurs des œuvres au Salon marseillais (1895 : n°309ter- Buste, plâtre / 1896 : n°386- Jeanne d’Arc, haut-relief plâtre ; n°387- Portrait de M. X..., médaillon plâtre / 1899 : n°304- Statuette, plâtre / 1919 : n°318- Composition décorative et portrait, hommage au docteur Delanglade / 1921 : n°391- Bas-relief, plâtre / 1930 : n°222- Deux époques, plâtre polychrome) / 1933 : n°274- Suzanne, sculpture) et aux expositions coloniale de Marseille (1906 : n°1027- Mireille à l’oiseau, bas-relief plâtre / 1922 : 224- Amphitrite, motif de décoration).

André Martin, Mireille à l’oiseau, bas-relief, plâtre
Don de l’artiste le 29 décembre 1908, Musée Ziem, Martigues

En 1914, il expose à l’exposition internationale urbaine de Lyon la maquette de l’escalier de la gare Saint-Charles réalisée d’après le projet lauréat d’Eugène Sénès (1873-1960) et Léon Arnal (1880-1963). D’ailleurs, par une délibération en date du 26 février 1924, il obtient la réalisation des deux pylônes dudit escalier sur lesquels s’adossent les groupes d’Auguste Carli (1868-1930), Marseille colonie grecque et Marseille porte de l’Orient.

André Martin,  pylône, pierre de Lens, 1925
Escalier de la gare Saint-Charles, 1er arrondissement
© Olivier Liardet 

Durant la première décennie du XXe siècle, il est le suppléant de Valentin Pignol (1863-1912) à  l’école des beaux-arts de Marseille pour les cours de mise au point et de pratique ainsi que pour la classe de sculpture des demoiselles. En 1917, il postule pour occuper le poste de professeur de sculpture décorative laissé vacant par le départ à la retraite de Pierre Rey (1839-1923) ; il obtient l’emploi et l’occupe jusqu’à son décès.