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mercredi 12 février 2025

Deux portraits de Jean Turcan

Récemment, en fouillant sur Internet, je suis tombé sur deux portraits du sculpteur Jean Turcan (1846-1895). Le premier est un dessin du peintre français Oswald Heidbrinck (1858-1914) figurant Turcan achevant la statue de Lazare Carnot (1753-1823). En 1888, l’hebdomadaire Le Courrier français organise un concours pour l’érection d’une statue à la gloire du Grand Carnot, concours remporté par Jean Turcan. Le journal suit régulièrement l’exécution de la sculpture et demande à l’un de ses illustrateurs de se rendre dans l’atelier de l’artiste. Le dessin ainsi réalisé est publié dans Le Courrier français du 21 avril 1889 en page 7. Ladite sculpture est exposée ensuite au Salon de la Société des artistes français de 1889 (n°4999) mais, faute de moyen, le projet de monument en bronze est abandonné !

Oswald Heidbrinck, Turcan achevant la statue de Lazare Carnot avant le Salon, gravure
Le Courrier français, 21 avril 1889, p.7

Le second portrait est un portait posé chez un photographe, l’atelier Pierre Petit & fils fondé à Paris en 1858. Acheté en 2017 par le Ministère de la Culture pour la Médiathèque du patrimoine et de la photographie, ce négatif sur plaque de verre présente deux poses. Il date vraisemblablement de 1889-1890, alors que Turcan est au faîte de sa carrière après son grand prix de l’Exposition universelle.

Atelier Pierre Petit & Fils, Jean Turcan, photographie, circa 1889-1890

Médiathèque du patrimoine et de la photographie, AP90L000101
© Ministère de la Culture (France), Médiathèque du patrimoine et de la photographie, diffusion GrandPalaisRmn Photo

lundi 24 avril 2023

La France armée (Jean Turcan sculpteur)

Dans la littérature marseillaise, on lit trop souvent que la statue en bronze de La France armée qui couronne le Monument des Mobiles serait l’œuvre de Constant Roux (1865-1942). C’est faux !

Jean Turcan, La France armée, modèle, plâtre, 1892
Photomontage dédicacé à Constant Roux, vers 1892
Collection personnelle

Comme l’ensemble du monument commémoratif à la mémoire des enfants du département des Bouches-du-Rhône morts pour la défense de la Patrie pendant la guerre de 1870-1871, la statue sommitale est du sculpteur arlésien Jean Turcan (1846-1895). La confusion vient du fait que Constant Roux est alors son praticien. Mais les preuves sont indiscutables ! Turcan expose la sculpture sous son nom à trois reprises : La France armée (modèle plâtre) figure au Salon des artistes français de 1892 (n°3145) et au Salon marseillais de 1893 (n°471) ; le bronze paraît, quant à lui, au Salon des artistes français de 1893 (n°3427).

Jean Turcan, Monument des Mobiles, pierre et bronze, 1893
Inauguré le 26 mars 1894
Allée de Meilhan, 1er arrondissement
Carte postale

Jean Turcan, La France armée, statue, bronze, 1893
Ensemble et détail de la signature © Olivier Liardet
Allées de Meilhan, 1er arrondissement

Toutefois la preuve ultime est que la statue est signée et datée à sa base : J. Turcan Sre [Statuaire] 1893. Espérons que le prochain classement des Mobiles au titre des monuments historiques rectifiera définitivement cette erreur récurrente d’attribution ! 

vendredi 18 février 2022

L’enseignement de la sculpture à Marseille au XIXe siècle – 4

La politique d’attribution des bourses municipales

Avant 1876, l’obtention d’une pension s’effectue au cas par cas. Le directeur de l’école adresse, au nom du demandeur, une requête au conseil municipal qui décide de la réponse à délivrer. Sous le Second Empire, six élèves sollicitent une aide : l’architecte Ernest Paugoy et cinq statuaires. Seule la demande de Pierre Barbaroux (1848-1903) est rejetée, non parce qu’elle émane d’un sculpteur de plus, mais à cause de dissensions sur la façon d’attribuer les pensions[1]. Plusieurs faits se conjuguent pour expliquer la surreprésentation des sculpteurs. D’une part, la cité phocéenne est un énorme chantier ayant besoin d’artistes compétents. D’autre part, le diplôme d’architecte n’est institué à Paris qu’en 1867 sans pour autant être obligatoire[2]. Quant à la création tardive de la classe de peinture en 1878, elle ne favorise guère les jeunes peintres limités jusque-là à l’apprentissage du dessin. Cela dit, aucune homogénéisation du montant des bourses n’existe. Ainsi, les trois pensionnaires sculpteurs de 1867 perçoivent-ils chacun une somme différente. Allar reçoit 600 francs, soit cinq fois moins que l’allocation attribuée à Salomon Laugier (1835-1890)[3]. Quant à Hugues, il obtient 1 000 francs. Jules Cavelier (1814-1894), le professeur d’Allar à Paris, réclame l’augmentation de la pension de son élève arguant que « le but ne saurait être atteint tant que le chiffre de l’allocation restera assez restreint pour retirer le droit d’exiger d’un titulaire de se livrer aux études, exclusivement et sans préoccupation de travaux lucratifs[4] ». Finalement, en 1874, les édiles uniformisent les pensions à 1 400 francs. Quant à leur renouvellement, il dépend des résultats et du comportement des bénéficiaires. Aucune limite temporelle autre que celle inhérente au concours de Rome − avoir moins de 30 ans révolus − n’existe. Hugues est le plus favorisé ; il perçoit des subsides huit années durant, soit un total de 10 000 francs. Parallèlement, la désignation des boursiers par le biais d’un concours finit par s’imposer. L’arrêt du 15 mai 1875 l’entérine ; il fixe, en outre, à quatre ans la longueur d’un pensionnat[5]. Consulté sur ce point par le directeur de l’école, Jean Turcan (1846-1895) s’inquiète : « Il sera assez difficile de fixer la durée d’une pension à un temps limité surtout en considérant […] le peu de savoir que nous avions quand nous sommes arrivés et le temps qu’il a fallu pour nous dégrossir[6] ». 

Henri Lombard, Tobie rendant la vue à son père, plâtre, concours triennal de 1876
© Archives municipales de Marseille, 61 Fi 80. Photographie : Marcel de Renzis.

Les événements se précipitent à l’été 1875 avec le triomphe d’Hugues. Sa bourse, désormais vacante, est mise au concours en 1876. On ouvre la compétition à la statuaire, seule section à pouvoir présenter un nombre satisfaisant de candidats[7]. Dans la foulée, s’instaure la volonté d’une compétition triennale : chaque année, les représentants d’un des trois arts entreront en concurrence pour l’obtention du titre de pensionnaire de la Ville. La municipalité désire ainsi rééquilibrer les chances entre les différentes classes. L’examen doit se dérouler en deux temps : tous les candidats potentiels subissent une épreuve préliminaire (une esquisse sur un sujet historique), éliminatoire, afin de sélectionner les élèves admissibles au concours proprement dit. Ceux-ci, dans la seconde phase, reçoivent la lecture du sujet à traiter et entrent aussitôt en loge. La première journée est consacrée à une esquisse, laquelle est remise à l’administration et signée par le président du jury. Puis, le travail en loge dure soixante séances de douze heures environ. Pendant ce laps de temps, aucun contact autre que les modèles vivants masculins nécessaires ne peut se faire à l’intérieur du local assigné. Le jury se réunit le 1er février 1876 pour choisir le sujet de l’épreuve éliminatoire. Dès le lendemain, de 8 heures à 20 heures, les huit compétiteurs illustrent un passage de l’histoire romaine : Cornélie, mère des Gracques, présentant ses enfants à une dame de Campanie qui lui montrait ses bijoux. Le 3 février, les jurés examinent les mérites de chaque œuvre et retiennent quatre finalistes. Le concours définitif débute en mars. Cette fois, le sujet retenu est biblique : Tobie rendant la vue à son père. Une indemnité de 60 francs est accordée à chacun des logistes afin de payer les frais de modèles. Les épreuves finies, les bas-reliefs en compétition sont présentés au public durant une semaine à l’issue de laquelle le jury rend son verdict. Le 19 juin, le résultat est proclamé. L’œuvre de Lombard remporte les suffrages du jury à l’unanimité ; une gratification de 300 francs est allouée à Stanislas Clastrier (1857-1925), classé second.

Constant Roux, La Belle Chryséis rendue à son père, plâtre, concours triennal de 1890
© Archives municipales de Marseille, 61 Fi 83. Photographie : Marcel de Renzis

Un concours pour une section n’ayant lieu que tous les trois ans, il arrive que des jeunes gens, déjà élèves aux Beaux-Arts de Paris, participent à la compétition. Coup sur coup, Constant Roux (1865-1942) et Auguste Carli se retrouvent dans cette position. Une disposition qui se voulait transitoire en 1875 devient bientôt providentielle pour briguer la précieuse pension municipale : « deux années de fréquentation à l’école de dessin de Marseille suffiront, quelle que soit d’ailleurs l’époque de fréquentation[8] ». Grâce à cette clause, Roux devient pensionnaire en 1890, battant de peu son camarade avec un haut-relief, La Belle Chryséis rendue à son père. Trois ans plus tard, Carli concourt, termine premier après l’esquisse des éliminatoires (Numa apprenant à Tatia la mort de son père), puis l’emporte devant Gabriel Joucla (1869-1915) avec Alexandre et son médecin. En échange de sa libéralité, la municipalité exige un certificat trimestriel signé par le directeur de l’École des beaux-arts de Paris attestant une bonne conduite et une assiduité constante ainsi que l’envoi de travaux prouvant les progrès de ses pensionnaires.


[1] AMM, 1 D 100, délibération du conseil municipal du 6 novembre 1868, p. 220-222 : refus de bourse à Barbaroux sans une mise au concours.
[2] Le diplôme devient obligatoire à Paris en 1881 ; à Marseille, il faut attendre 1905 pour la création d’un diplôme d’architecture.
[3] AMM 1 D 96, délibération du conseil municipal du 3 août 1866, p. 473 : subvention à Laugier. La bourse de 1 600 francs allouée à Laugier pour 1867 est transformée en allocation de 3 000 francs pour aller à Rome.
[4] AMM, 31 R 67, sous-dossier André Allar : lettre double d’André Allar et de Jules Cavelier au maire de Marseille en date du 18 août 1869. Le jugement du prix de Rome, rendu ultérieurement, annule la demande en raison du succès d’Allar.
[5] En 1886, la durée du pensionnat est réduite à trois ans.
[6] AMM, 31 R 68, dossier Jean Turcan : lettre de Jean Turcan à Antoine-Dominique Magaud du 2 mai 1875.
[7] La sculpture en présente huit, l’architecture trois et la peinture aucun (la classe n’étant pas encore créée).
[8] AMM, 3 D 30, arrêté relatif aux pensionnaires de la Ville à l’École des beaux-arts de Paris du 15 mai 1875, p. 560-561, article 12.

lundi 28 juin 2021

Antoine Bontoux

Pour compléter mon précédent article, voici la notice biographique d’Antoine Bontoux issue du Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte-d’Azur :

Bontoux Antoine (Marseille, 17 janvier 1805 – Marseille, 8 juillet 1892), sculpteur

Élève de Louis-Mathurin Clérian (1763-1851) – son futur beau-père – à l’école  de dessin d’Aix-en-Provence, c’est en autodidacte qu’il s’oriente vers la sculpture. Il enseigne le dessin en lycée lorsqu’Émile Loubon (1809-1863) lui propose de créer une classe de sculpture à l’école des beaux-arts de Marseille en 1846. De 1846 à 1881, date à laquelle il fait valoir ses droit à la retraite, il forme un grand nombre d’ornemanistes ainsi que de lauréats du prix de Rome comme André Allar (1845-1926), Jean Turcan (1846-1895), Jean Hugues (1849-1930) et Henri Lombard (1855-1929).
Il n’expose qu’à deux reprises au Salon parisien, en 1867 et 1878, mais fréquente plus assidûment les expositions marseillaises de 1852 à 1891 : Innocence (plâtre, 1852), Enfant à la toupie (plâtre, 1854 ; marbre, 1861 et 1862 – acquis 2 000 francs en 1865 pour le musée des beaux-arts de Marseille), La Vierge aux fleurs (modèle plâtre pour la façade du 13 rue du Marché des Capucins, 1855), La Fidélité et La Force (modèle en terre cuite des lions marquant l’entrée du château Falguière, 1859)… Il produit en outre une multitude de portraits : M. G. (buste terre cuite, 1861), Sa Majesté la reine d’Espagne (buste plâtre d’après photo pour la Compagnie des forges et chantiers de la Méditerranée, 1864), Mme F. et sa fille (médaillon plâtre, 1865), Le Général G. de P. (buste bronze, 1866), M. L. Rabattu (buste marbre, 1866).

Antoine Bontoux, La Vierge aux fleurs, pierre, 1855
13 rue du Marché des Capucins, 1er arrondissement


Antoine Bontoux, La Fidélité et La Force, pierre, 1859
Entrée du château Falguière (aujourd’hui résidence La Roseraie)
53 boulevard de Hambourg, 9e arrondissement

Antoine Bontoux et son gendre Jean-Baptiste Mouren (1833-1900) 
Atlantes africains, pierre, vers 1864
14 rue de Rome, 1er arrondissement

Antoine Bontoux, Vierge à l’Enfant, pierre
6 rue Rouvière, 1er arrondissement

S’il séduit la bourgeoisie et la noblesse, il n’a pas la confiance de l’État ou de la Ville malgré son statut de professeur. Il ne participe guère qu’au décor de l’école des beaux-arts – bibliothèque avec deux bustes en marbre pour la façade (Saint Louis et Louis XIV) et deux médaillons en plâtre pour l’escalier d’honneur (1867-1870) moyennant 4 000 francs.

Antoine Bontoux, Saint Louis et Louis XIV, bustes, pierre de Calissanne, 1870
Palais des Arts, place Carli, 1er arrondissement

jeudi 19 décembre 2019

Constant Roux à Marseille 1

Je vous communique aujourd’hui la compilation d’une annexe de ma thèse, intitulée « Constant Roux à Marseille », et d’une chronologie succincte tirée de ma monographie Constant Roux. Catalogue raisonné :

Adolphe Déchenaud (1868-1926), Constant Roux, huile/toile, 1900
Réserves du musée des beaux-arts de Marseille, 4e arrondissement

Constant Roux naît à Marseille le 20 avril 1865. Il est le second d’une fratrie de six enfants. Ses parents possèdent une droguerie au 24 place Notre-Dame-du-Mont ; la famille vit au-dessus du commerce.
En 1879, il entre en apprentissage chez Achille Blanqui (1826-?) dont la manufacture de meubles, la plus grande de la cité phocéenne, s’est distinguée à l’Exposition universelle l’année précédente. À l’automne 1879, il intègre l’école municipale des beaux-arts et suit, entre autres, l’enseignement d’Émile Aldebert (1827-1924) ; il y demeure jusqu’en 1884.
En 1886, il participe au Concours régional de Marseille, sa première vraie exposition, avec un portrait en médaillon de M. Barret (n°520) ; il s’agit vraisemblablement d’un portrait du peintre marseillais Marius Barret (1865-1944). Cette œuvre lui vaut une médaille de 3e classe.

Constant Roux, La Belle Chryséis rendue à son père, plâtre, 1889
Anciennement exposé au Palais des Arts, place Carli, 1er arrondissement

Alors qu’il poursuit déjà ses études artistiques à Paris, il participe en octobre-novembre 1889 au concours de la bourse triennale pour l’obtention d’une subvention de la ville de Marseille. Il l’emporte sur Auguste Carli (1868-1930) et devient pensionnaire ; une allocation annuelle de 1400 francs lui est désormais dévolue.
En janvier 1891, Constant Roux expose dans la vitrine de la manufacture de tapis d’Aubusson Sallandrouze, sise au 56 rue Saint-Ferréol, le buste d’Ernest de Gasteiger (vers 1867-1890), jeune critique musical du Bavard mort prématurément.

Constant Roux, Maudit, statue plâtre, 1892
Photo dédicacée, musée d’Orsay

Jean Turcan, La France armée, statue plâtre, 1892
Photomontage dédicacé à Constant Roux, collection personnelle

En décembre 1892 / janvier 1893, il exhibe au Salon marseillais une statue en plâtre intitulée Maudit (n°468) qui lui a rapporté une mention honorable au Salon parisien en mai 1892. Il est également présent avec La France armée (n°471) de Jean Turcan (1846-1895), modèle du bronze devant couronner le Monument des Mobiles : en effet, il collabore à cette œuvre en tant que praticien de Turcan diminué par un début d’ataxie.

Constant Roux, L’Amour au guet, marbre, 1896
Collection particulière

Constant Roux, La Tentation d’Ève, marbre, 1896
Vendu chez Sotheby’s à Londres le 25 mai 2016

Constant Roux, Naïade endormie, version en marbre rose, 1934
Vendue à Marseille le 7 décembre 2002

Constant Roux, La Vendange aux environs de Rome, bronze, 1899
Domaine viticole de Lignière, Rouillac (Charente)

Constant Roux, Alfred Recoura, version en bronze, 1900
Collection particulière

Constant Roux, L’Amour au guet ou Achille enfant, buste bonze, vers 1899
Collection particulière

Lauréat du grand prix de Rome de sculpture en 1894, il part pour quatre années en Italie. Il est de retour à Marseille au printemps 1899. Le Cercle artistique organise une exposition de ses œuvres romaines du 29 avril au 7 mai : L’Amour au guet (marbre), La Tentation d’Ève (marbre), Naïade endormie (marbre), La Vendange aux environs de Rome (bronze), Alfred Recoura architecte (1864-1941, buste plâtre), Amour (un buste marbre et un buste en bronze).

mercredi 8 mai 2019

Jean Turcan

Une nouvelle notice biographie tirée du Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte-d’Azur :

Anonyme, Jean Turcan, photographie

Turcan Jean (Arles, 13 septembre 1846 – Paris, 3 janvier 1895), sculpteur.
L’indigence de sa famille le contraint, dès avant 1864, à gagner sa vie sur divers chantiers marseillais du Second Empire en tant qu’équarrisseur. Plus tard, alors qu’il est l’élève d’Antoine Bontoux (1805-1892) à l’École des beaux-arts, ses études sont interrompues par la guerre de 1870. De fait, muni d’une bourse, il n’entre qu’en 1871 dans l’atelier de Jules Cavelier (1814-1894) à l’École des beaux-arts de Paris. Là, enfin, il décroche un 2nd Prix de Rome avec Jason enlevant la Toison d’Or (1876). De 1878 à 1893, il fréquente assidûment le Salon où ses œuvres sont primées : Ganymède (1878, médaille de 2e classe, musée des beaux-arts de Marseille), L’Aveugle et le Paralytique (1883, groupe plâtre, médaille de 1ère classe ; 1888, groupe marbre, médaille d’Honneur, entrée de la bibliothèque d’Arles). Cependant, malgré ses nombreuses commandes publiques, son grand prix à l’Exposition Universelle de 1889 et sa nomination dans la Légion d’honneur, le sculpteur connaît de nombreuses difficultés financières qui le poussent à entrer comme praticien chez Auguste Rodin (1840-1917) ; pour ce dernier, il taille l’une des versions en marbre du célèbre Baiser. Dans le même temps, le 4e bataillon de la Garde Mobile des Bouches-du-Rhône lui commande, en collaboration avec l’architecte Gaudensi Allar (1841-1904), un monument commémoratif de la guerre de 1870 pour Marseille. L’inauguration du monument, le 26 mars 1894, consacre une dernière fois son talent ; en effet, peu de temps après, une ataxie le terrasse.

Jean Turcan, Ganymède, groupe plâtre, 1878
Réserves du musée des beaux-arts de Marseille
Rue Clovis Hugues, 4e arrondissement

Jean Turcan, L’Aveugle et le Paralytique, groupe bronze, 1892
Carte postale
Commandée par la ville de Marseille, l’œuvre est érigée sur l’actuelle place Carli en 1901 ; elle est fondue en 1942.

Jean Turcan, La France armée, photomontage, vers 1892
Collection personnelle
La statue en bronze couronne le Monument des Mobiles. Le photomontage est dédicacé à Constant Roux (1865-1942), alors praticien de Turcan qui souffre des premiers signes de l’ataxie qui le tuera (visible dans l’écriture heurtée du sculpteur).

Jean Turcan, Monument des Mobiles, pierre et bronze, 1893
Allées de Meilhan, 1er arrondissement
Cartes postales et signature