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dimanche 16 octobre 2022

André Barelier

Voici une nouvelle notice mise à jour de mon Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte-d’Azur : 

André Barelier – Exposition hommage à la Ruche (septembre 2021)

Barelier André (Plan-de-Cuques, Bouches-du-Rhône, 25 mai 1934 – Paris, 16 avril 2021), sculpteur
Fils d’un ébéniste, il quitte l’école communale à 15 ans. Après deux ans d’apprentissage chez Louis Botinelly (1883-1962), il intègre l’école des beaux-arts de Marseille. À 19 ans, il entre à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, devenant l’élève d’Alfred Janniot (1889-1969) et de Louis Leygue (1905-1992). Ses moyens sont modestes ; César (1921-1998), cependant, lui cède son local du Quartier latin pour s’agrandir du côté de Montparnasse.

André Barelier, Hommage à César, bronze, H. 51 cm, 1988
Carvajal SVV (lot 420), Antibes, 11 juin 2022

En 1961, il remporte le grand prix de Rome (La Naissance du jour, haut-relief plâtre, Ensba). À la Villa Médicis, il se lie à Balthus (1908-2001), le nouveau directeur des lieux ; le 6 décembre 1963, il y épouse Brigitte Baumas (1937-2014) dont il aura deux enfants : le fondeur d’art Romain Barelier (né à Rome en 1964) et la créatrice de bijoux Estelle Barelier (née à Marseille).

André Barelier, La Naissance du jour, haut-relief plâtre, 1961
École nationale supérieure des beaux-arts, Paris

À son retour à Paris, il s’installe dans la Ruche, une cité d’artiste du 15e arrondissement. En 1968, il est nommé professeur de dessin à l’École nationale supérieure des beaux-arts ; il y enseigne jusqu’à sa démission en 1982.
Son œuvre hyperréaliste intègre motif et décor, créant des reliefs picturaux comme ses cabines téléphoniques de bronze (Grande Cabine ; Cabine plate…). Le musée Cantini, à Marseille, conserve L’Atelier (relief bronze, 1976).

André Barelier, Cabine téléphonique, statuette bronze, 1978
Cannes enchères (lot 676), 17 décembre 2017

André Barelier, Cabine téléphonique, statuette bronze, 1978-1980
Galerie Gabrielle Laroche, Paris

André Barelier, Le Téléphone, statue bronze, 1999
Esplanade de La Défense, Courbevoie (Hauts-de-Seine)

André Barelier, Le Grand Atelier, bronze, H. 95 cm
Galerie Gabrielle Laroche, Paris

André Barelier, Femme au bain, bronze, H. 70,5 cm, 1974
Galerie Gabrielle Laroche, Paris 

André Barelier, Autoportrait à la salle de bain, bronze, H. 155 cm
Galerie Gabrielle Laroche, Paris

samedi 30 octobre 2021

Les grilles du parc Chanot (Joseph Lajarrige architecte)

En février 1923, Adrien Artaud (1859-1935) – député de Marseille et commissaire général de l’Exposition coloniale qui vient de s’achever – décide d’ouvrir un concours à tous les architectes et ferronniers d’art français pour le projet définitif de grilles et d’entrée monumentale du parc des expositions au rond-point du Prado. Un budget de 800 000 à 900 000 francs est envisagé pour cet ouvrage.
Le programme du concours est mis à la disposition des compétiteurs le 12 février pour un rendu fixé au 31 mars, dernier délai. 
Le jugement du concours est rendu à la fin du mois d’avril. Trois primes (6 000, 5 000 et 4 000 francs) étaient initialement prévues pour gratifier les trois meilleurs projets. Cependant, étant donné la haute tenue de la compétition et la qualité des concurrents, une quatrième prime (3 000 francs) est décernée. Celle-ci récompense trois lauréats du prix de Rome, encore pensionnaires de la villa Médicis : les architectes Jacques Carlu (1890-1976) et Robert Giroud (1890-1943) ainsi que le sculpteur Alfred Janniot (1889-1969). La troisième place revient Marius Dallest (1880-?), architecte à Marseille et au ferronnier Edgar Brandt (1880-1960) qui deviendra l’un des chantres de l’art déco.

Georges Feray et Joseph Hiriart, Projet de grilles pour le parc Chanot, 1923
Ensemble et porte centrale
Publié dans La construction moderne, 27 avril 1924

Le deuxième prix échoit Georges Feray (1892-1965) et Joseph Hiriart (1888-1946), architectes à Paris, en collaboration avec les ferronniers d’art de l’atelier parisien Schwartz-Haumont et Claude Gros, serrurier constructeur à Marseille.

Joseph Lajarrige et Louis Trichard père et fils, Projet de grilles pour le parc Chanot, 1923
Document publié sur Twitter par le journaliste David Coquille (@DavidLaMars)

Quant aux lauréats du concours, il s’agit de l’architecte marseillais Joseph Lajarrige (1892-?) et Louis Trichard père et fils, ferronnier d’art à Marseille. C’est à eux que revient la réalisation des grilles, d'un goût très art déco avec ses paons et ses corbeilles de fruits stylisées. Toutefois, Louis-Joseph Trichard (1861-1923) décède le 7 novembre de la même année, laissant à son fils Louis Trichard (1893-?) la charge de la construction.

Ouvriers devant le chantier des grilles, photographie, 1924

Adrien Artaud et Siméon Flaissières à l’inauguration des grilles, photographie, 9 mars 1924
Documents publiés sur Twitter par le journaliste David Coquille (@DavidLaMars)

Le 9 mars 1924, Adrien Artaud remet officiellement les nouvelles grilles du parc Chanot au maire Siméon Flaissières (1851-1931) pour leur inauguration solennelle.

Joseph Lajarrige et Louis Trichard père et fils, Grilles du parc Chanot, fer forgé, 1924
Signatures et vues de détail