vendredi 16 janvier 2026

La vente après décès d’Ève Botinelly 1

Le vendredi 30 janvier 2026, l’étude Audap & associés effectuera, à l’Hôtel Drouot, la vente après décès d’Ève Botinelly (1933-2025), fille du sculpteur Louis Botinelly (1883-1962). Lors de cette vacation sera dispersé l’intérieur de son appartement parisien que j’ai bien connu. Voici donc un échantillon des pièces intéressantes de cette vente :

Charles Floutard (1926-2006), Ève Botinelly, h/t, 194 x 128 cm, vers 1950
Lot 63, estimation 100/200 €

Après la Seconde Guerre mondiale, Floutard commence à gagner sa vie en portraiturant les soldats américains en escale à Marseille. Dans les années 1950, il est soutenu par Louis Botinelly qui lui commande un grand portrait en pied de sa fille en robe de soirée.

Elemer Vagh-Weinmann (1906-1990), Louis Botinelly, h/p, 51 x 37 cm, vers 1949
Lot 1, estimation 150/200 €

Maurice Vagh-Weinmann (1899-1986), Louis Botinelly, h/p, 60 x 49 cm, 1949
Lot 30, estimation 150/200 €

Les frères Vagh-Weinmann, hongrois de naissance, s’installent en France dans les années 1930. Ils sont naturalisés au sortir de la guerre. En 1949, ils sont de passage à Marseille où ils fréquentent la scène artistique locale dont Louis Botinelly.

Louis Botinelly, Madeleine Nicolet (1896-1978), buste, plâtre doré, 37 x 23 x 20 cm, 1921
Lot 37, estimation 200/300 €

Louis Botinelly divorce de Jeanne Gaillard (1885-1962) le 27 mai 1921 ; il se remarie le 15 décembre suivant avec Madeleine Nicolet, sa jeune maîtresse rencontrée à Avignon pendant la Première Guerre mondiale. Cette même année 1921, il expose son portrait à l’exposition de l’Association des artistes marseillais (n°381) ; il l’intitule Buste de Mme B., montrant ainsi qu’il compte bien épouser celle qui illumine littéralement sa vie.

Louis Botinelly, Madeleine Botinelly souriant, buste, marbre rose de Milan, 37 x 30 x 14 cm, vers 1922-1925
Lot 62, estimation 400/600 €

À l’origine, ce très beau buste se dégageait de la gangue brute du marbre et la jeune femme arborait une fleur dans sa chevelure. À une date inconnue, Louis Botinelly a retravaillé le portrait, supprimant l’écrin minéral et la fleur.

Louis Botinelly, Madeleine Botinelly, buste, pierre de Brouzet partiellement teintée, 37 x 30 x 14 cm, vers 1922-1925
Lot 55, estimation 400/600 €

Botinelly expose ce nouveau buste de son épouse à Marseille (galerie Jouvène, 1933) et à Paris (Salon de la Société des artistes français, 1934, n°3484). Bien que la coiffure soit Art déco, la pose frontale, le collier pectoral, la moue ainsi que la polychromie évoquent le célèbre buste de Néfertiti et l’art égyptien de la période armanienne.

Louis Botinelly, Éternelle jeunesse, statue, calcaire rose granité du Gard, 190 x 52 x 44 cm, 1960
Lot 23, estimation 3 000/5 000 €

Cette magnifique sculpture, réalisée deux ans avant la mort de Botinelly, montre la vigueur et la virtuosité de l’artiste au sommet de son art. C’est assurément l’un de ses chefs-d’œuvre.

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