vendredi 22 mai 2026

Monument aux Héros de la Police (Raymond Servian sculpteur)

Lors des prochaines Journées Européennes du Patrimoines, le public aura l’occasion de visiter partiellement l’Évêché et de découvrir, dans la cour du bâtiment construit par l’architecte mars1eillais René Egger (1915-2016), le Monument aux Héros de la Police sculpté par Raymond Servian (1903-1953).

Raymond Servian sculptant l’allégorie du Droit, vers 1950
Photographie extraite de Paul Sentenac, Raymond Servian, 1954

Au début des années 1950, Raymond Servian réalise deux Monuments aux Héros de la Police, le premier pour Neuilly-sur-Seine et le second pour Marseille. Le monument francilien, conçu en collaboration avec le peintre bordelais Louis Jean Lefort (1875-1954) pour la partie architecturale, se décompose en deux fontaines faisant pendant. Au milieu d’un bassin, chacune accueille au large pilier sur lequel s’adosse une allégorie : le Droit pour l’une et l’Immortalité pour l’autre. L’iconographie est complétée par une série de bas-reliefs, trois pour chaque fontaine figurant les actes héroïques et les martyres des policiers, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale.

Raymond Servian et Louis Jean Lefort, Monument aux Héros de la Police, fontaines, pierre ou béton, vers 1950, place Winston-Churchill, Neuilly-sur-Seine

Raymond Servian et Louis Jean Lefort, Le Droit

Raymond Servian et Louis Jean Lefort, L’Immortalité

Dans le même temps, Servian réalise donc un Monument à la Police de France et d’Outre-Mer pour Marseille pour lequel il reprend la figure du Droit et ré-agence les six bas-reliefs sur une tourelle.

Raymond Servian, Le Droit, haut-relief, pierre ou béton, vers 1950, Évêché, 2e arrondissement

Le sculpteur représente son allégorie sous les traits d’un soldat romain, la Rome antique étant en effet l’un des berceaux de la science juridique. Il porte une tunique et un manteau, une frange typique du bas empire. Ses mains reposent sur le pommeau de sa longue épée, plantée au sol entre ses deux jambes viriles. Cette attitude rappelle que la force doit demeurer au service de la Justice.

Raymond Servian, Dévouement / Déportés / Combats, bas-reliefs, pierre, vers 1950, 
Évêché, 2e arrondissement

Raymond Servian, Victimes du devoir / Internés / Prisonniers, bas-reliefs, pierre, vers 1950, 
Évêché, 2e arrondissement

Les six bas-reliefs, superposés trois par trois sur les faces latérales du monument, évoquent les actes héroïques (Dévouement / Victimes du devoir / Combats) et les souffrances (Prisonniers / Internés / Déportés) des policiers pendant la guerre et dans la Résistance.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire