jeudi 30 avril 2026

César Baldiccini avant César

Il y a quelques jours, j’ai dépouillé des dessins de l’École des Beaux-Arts de Marseille et je suis tombé sur un dessin réalisé par César Baldiccini (Marseille, 1921 – Paris, 1998) lorsqu’il faisait ses études artistiques à Marseille. Il s’agit d’une Tête d’empereur au fusain ayant reçu un 1er prix dans un concours de la classe de dessin d’après l’antique en 1937.

César Baldiccini, Tête d’empereur, fusain, 1937, Archives municipales de Marseille, 26 Fi 1937

mercredi 15 avril 2026

Mgr Balakian et le Chevalier Khorassandjian (Toros sculpteur)

Depuis sa consécration le 25 octobre 1931, la cathédrale apostolique arménienne des Saints Traducteurs dresse son élégante silhouette au n°339 de l’avenue du Prado. Elle est l’œuvre de l’architecte Aram Tahtadjian.

Aram Tahtadjian, Cathédrale apostolique arménienne des Saints Traducteurs, carte postale, vers 1932

Son enceinte accueille plusieurs monuments commémoratifs, notamment les bustes en bronze de Mgr Krikoris Balakian, prélat des Arméniens du diocèse du Midi de la France de 1927 à 1934, et Vahan Khorassandjian, négociant bruxellois anobli par le roi des Belges Albert Ier. Le richissime homme d’affaires finance l’essentiel des travaux, choisissant des artistes décorateurs belges pour ce chantier.
En 1991, à l’occasion des 60 ans de la consécration du bâtiment, la décision est prise d’ériger un double monument à la mémoire de l’évêque et du mécène à l’origine de sa construction. La commande est passée à Toros Rasguélénian dit Toros (Alep, Syrie, 1934 – Romans-sur-Isère, 2020) et dont la signature est R. Toros. Le sculpteur s’installe en France en 1967 où il fait l’essentiel de sa carrière. Il est l’auteur de plusieurs monuments à la mémoire des victimes du génocide arménien : Marseille (1972), Vienne (1981), Aix-en-Provence (1883), Valence (1985) et Saint-Étienne (1888).
Il représente Mgr Krikoris Balakian dans son costume de prélat, lui donnant une posture hiératique par la géométrisation des volumes. Ce buste contraste avec celui du Chevalier Khorassandjian vêtu d’un costume-cravate, arborant une mine bonhomme et une moustache fournie.

Toros, Mgr Krikoris Balakian, bronze, 1991
339 avenue du Prado, 8e arrondissement

Toros, Chevalier Vahan Khorassandjian, bronze, 1991
339 avenue du Prado, 8e arrondissement

Impliqué auprès de la communauté arménienne, le sculpteur a également créé le Trophée Toros qui récompense annuellement les auteurs de littérature franco-arménienne.

samedi 4 avril 2026

La salle d’exposition du Cercle artistique de Marseille (1869-1876, Joseph Letz architecte)

En 1867, le Cercle artistique de Marseille est fondé à l’initiative de l’industriel Jules Charles-Roux (1841-1918) soutenu par une centaine de souscripteurs principalement issus du négoce. Le but est de proposer des expositions, des concerts et des conférences. À partir de 1869, la nouvelle société culturelle loue un local au 42, rue Saint-Ferréol. Elle sollicite alors l’architecte Joseph Letz (1837-1890) pour son aménagement. La salle rectangulaire est scandée par des pilastres sur lesquels les portraits d’artistes marseillais (peintres, sculpteurs, architectes, écrivains, musiciens) apparaissent dans des médaillons. Philippe Poitevin (1831-1907) sculpte ainsi les effigies de Frédéric Mistral (1830-1914) et d’Émile Loubon (1809-1863) ; Émile Aldebert (1827-1924) fige les traits de Pascal Coste (1787-1879) et de Joseph Méry (1797-1866) ; Lucien Chauvet (1833-1902) portraiture Félicien David (1810-1876) et Jean-Joseph Espercieux (1757-1840)… Une gravure de presse d’après un dessin Auguste Deroy (1823-1906) montre également les médaillons de Joseph Vernet (1714-1789) et de Dominique Papety (1815-1849).

Salle d’exposition du Cercle artistique de Marseille, gravure, Le Monde illustré, 23 janvier 1869

Les activités culturelles du Cercle artistique connaissent le succès et drainent un large public. En 1876, la société déménage dans l’ancienne préfecture des Bouches-du-Rhône, l’hôtel Roux de Corse qui a été récupéré par la mairie. Elle y fait de nouveaux aménagements somptueux, notamment une entrée monumentale sur la rue Armény, toujours sous la houlette de Letz. Toutefois, cette occupation est elle aussi éphémère car, en 1890, le maire Félix Baret (1845-1922) récupère les locaux pour y installer le premier lycée de jeunes filles de Marseille.