lundi 16 mars 2026

Monument funéraire de Louis Rouffe (Émile Aldebert et Jules Cantini sculpteurs)

Le mime Louis Rouffe (1849-1885) connaît le succès, à l’Alcazar, en juin 1874, dans le rôle de Pierrot auquel il donne dimension tragique. Il devient dès lors un maître de la pantomime, adulé du public marseillais. Malheureusement atteint de tuberculose pulmonaire, il s’éteint prématurément, à l’âge de 36 ans, le 21 décembre 1885, après un dernier triomphe au Palais de Cristal.
Aussitôt, le président du syndicat de la presse marseillaise Horace Bertin (1842-1917) convainc l’ensemble des journaux locaux (Le Sémaphore de Marseille, Le Petit Marseillais, Le Petit Provençal, Le Bavard, Le Journal de Marseille, Le Soleil du Midi, Le Radical de Marseille, Le Mondain, La Méditerranée, L’Oursin, L’Étincelle, Le Masque, La Cannebière et La Petite Revue de Marseille) de doter le défunt d’un tombeau célébrant son souvenir et son talent par le biais d’une souscription. Les collègues de Rouffe s’associent au projet en offrant la recette d’une représentation exceptionnelle donnée en février 1886 au Palais de Cristal.
Au mois de mars, le comité organisateur adopte à l’unanimité le projet « d’une architecture aussi originale que gracieuse [constituant] un monument du plus heureux effet dans sa simplicité » (Le Petit Provençal, 25 mars 1886), soumis par Joseph Letz (1838-1890), Pour sa réalisation, l’architecte sollicite le sculpteur Émile Aldebert (1828-1924 – médaillon) et le marbrier Jules Cantini (1826-1916 – monument). L’édicule prend la forme d’un grand terme. Sur une gaine à section carrée, le profil de Louis Rouffe est encadré d’une palme et d’un rameau de laurier ; au-dessus, le buste de Pierrot aux yeux clos s’inscrit dans une mandorle en forme de pique portant la devise des mimes : « Dire tout sans paroles ». Finalement, l’inauguration du monument funéraire a lieu le 22 décembre 1886 au cimetière Saint-Pierre.

Émile Aldebert & Jules Cantini, Monument funéraire de Louis Rouffe, marbre, 1886
Cimetière Saint-Pierre, 10e arrondissement

mercredi 4 mars 2026

Eugène Guillaume, La Vierge de l’Immaculée Conception, statue, plomb doré, 1857
Angle des boulevards Voltaire et de la Liberté, 1er arrondissement © Olivier Liardet

Le 8 décembre 1854, le pape Pie IX (1792-1878) proclame le dogme de l’Immaculée Conception, par la constitution apostolique Ineffabilis Deus. Mgr Eugène de Mazenod (1782-1861), évêque de Marseille et fondateur de la congrégation des Oblats de Marie-Immaculée en 1816, décide d’ériger un monument commémoratif en l’honneur du nouveau dogme, comme le font à la même époque Rome ainsi que plusieurs cités de la péninsule italique et des états germaniques catholiques.
Le 21 novembre 1855, le prélat adresse une lettre au maire de Marseille pour lui faire part de son intention. Le projet retenu, celui d’Henry Espérandieu (1829-1874), consiste en une colonne de marbre blanc surmontée d’une Vierge en plomb doré, fondue par Durand Frères d’après le modèle du grand prix de Rome Eugène Guillaume (1822-1905). L’iconographie emprunte à deux sources. La Vierge dorée évoque l’Apocalypse : elle piétine le serpent, symbole du péché originel qui règne sur le monde (globe), tandis que le croissant lunaire et la fleur de lys rappelle sa chasteté et sa pureté. Quant à la colonne constellée d’étoiles et de M mariaux, elle évoque les Litanies de la Sainte Vierge : dix d’entre elles sont gravées dans des cartouches polylobés.


Henri Espérandieu, Colonne de l’Immaculée Conception, marbre et plomb doré, 1857
Angle des boulevards Voltaire et de la Liberté, 1er arrondissement © Olivier Liardet


Éric Buyron (1837-1920), Monument de l’Immaculée Conception d’après Espérandieu, gravure, Revue générale de l’architecture et des travaux publics, 1879, vol.6, pl.16

Pour la marbrerie, l’architecte s’adresse à Jules Cantini (1826-1916), son collaborateur sur les chantiers de la cathédrale et de Notre-Dame de la Garde. La colonne, taillée en trois tronçons (base, fût et chapiteau) dans les carrières de Carrare, mesure environ 5 m de hauteur pour un diamètre maximal de 1,25 m. Arrivée d’Italie depuis plusieurs jours, elle est débarquée au bassin de carénage le 4 novembre 1857. Puis dans les ateliers du marbrier, l’ornemaniste Ferdinand Michel s’attelle à la sculpture décorative : le chapiteau de style roman avec ses quatre anges brandissant des couronnes de laurier et le fût de style byzantin avec ses gravures rehaussées d’or. Du 3 au 5 décembre, la colonne est amenée sur site, à l’extrémité du boulevard du Nord (auj. bd d’Athènes) et placée sur son socle en pierre de Crussol (Ardèche).


Éric Buyron, Monument de l’Immaculée Conception d’après Espérandieu, détail de la colonne, gravure, Revue générale de l’architecture et des travaux publics, 1879, vol.6, pl.17

Néanmoins, le court délai avant l’inauguration solennelle du 8 décembre 1857 empêche son achèvement total ; le décor ainsi que la dédicace du piédestal ne seront terminés qu’ultérieurement. Ce fait résulte de deux contraintes contradictoires, l’échéance de la consécration d’une part et la difficulté à réunir les fonds nécessaires à l’érection d’autre part. En effet, selon la Revue générale de l’architecture et des travaux publics, le budget total du monument commémoratif se chiffre à 45 745,80 francs. La statue (4 000 francs) ne représente qu’un neuvième du coût final alors que la marbrerie (8 000 francs) et la sculpture ornementale (8 100 francs) en constituent un tiers. Au début de 1859, l’évêque en appelle encore à la générosité des fidèles afin de solder la facture.


Louis-Amable Crapelet (1822-1867), Inauguration du monument élevé en l’honneur de l’Immaculée Conception, gravure, L’Illustration, 12 décembre 1857

En 1922, la colonne de l’Immaculée Conception doit céder son emplacement au futur escalier monumental de la gare Saint-Charles. Elle est alors transférée à l’angle des boulevards de la Gare (auj. bd Voltaire) et de la Liberté où elle fait toujours l’objet de dévotions le 15 août (Assomption) et le 8 décembre (Immaculée Conception).

Procession de la Vierge dorée, 15 août 2023

dimanche 22 février 2026

Auguste-Acanthe Boudouresque (Mathurin Moreau sculpteur)

Auguste-Acanthe Boudouresque (1835-1905) naît dans l’Ariège mais s’installe, dès son plus jeune âge, à Marseille. Après le lycée, il travaille dans une compagnie de chemin de fer à Béziers où il est chargé du nivellement du tracé. En 1855, il effectue son service militaire à Valence puis revient à Marseille pour occuper un poste d’inspecteur municipal de l’éclairage. En 1862, il fonde sa société d’éclairage au gaz de schiste qui lui apporte la prospérité. Parallèlement, à partir de 1859, il entame des études au conservatoire de musique de Marseille où il remporte un premier prix de chant. La carrière de chanteur d’opéra – il possède une tessiture de basse – s’impose à lui tardivement, en 1874, à presque 40 ans. Il débute au théâtre Valette à Marseille dans Ernani de Verdi. L’année suivante, il est engagé par l’Opéra de Paris et, plus tard, mène une carrière internationale à Milan, Naples, Buenos Aires, La Plata, Bruxelles… Touche-à-tout, il publie également de la poésie et expose des peintures au Salon des artistes français, à Paris, en 1884 (n°319- Côte de Provence – lever de soleil derrière un morne) et 1885 (n°351- Coup de mistral – Golfe du Lion).

Victor Faure, Monument funéraire d’Auguste-Acanthe Boudouresque, 1906
Cimetière Saint-Pierre, 10e arrondissement

Lorsqu’il décède à Marseille le 21 janvier 1905, un comité composé de ses élèves et amis se crée afin d’élever une stèle sur sa tombe. Le dessin en est confié à l’architecte marseillais Victor Faure qui conçoit un édicule en pierre de Brouzet, un calcaire des Cévennes, taillé dans les ateliers du marbrier Jules Cantini (1826-1916). Le monument s’orne d’une lyre et d’une palme ; aujourd’hui néanmoins, il se trouve dans un triste état, rongée par les éléments.

Mathurin Moreau, Auguste-Acanthe Boudouresque, buste, bronze, 1905
Cimetière Saint-Pierre, 10e arrondissement

Un buste en bronze surmonte la stèle. Il s’agit d’une réplique réalisée  sans doute par surmoulage  par Édouard Oudin, marchand de bronzes d’art rue de la Darse (auj. rue Francis Davso) et bronzier lui-même, d’après l’original du sculpteur dijonnais Mathurin Moreau (1822-1912) et exposé au Salon parisien de 1882 (n°4683- Portrait de M. Boudouresque, de l’Opéra, buste, bronze).
La remise du monument funéraire à la famille s’effectue le jour anniversaire de la mort du chanteur, le 21 janvier 1906.

lundi 9 février 2026

Pierre Pasquier (Paul Ducuing sculpteur)

Il y a quelques jours, je suis tombé sur la tombe de Pierre Pasquier (1877-1934) en sillonnant le cimetière Saint-Pierre pour tout autre chose. Né à Marseille, ce fils de négociant fait ses études au lycée Thiers puis à l’École coloniale. Il embrasse ensuite une carrière administrative qu’il effectue essentiellement en Asie où il est administrateur des Services civils de l’Indochine. En 1921, il est nommé Résident supérieur du Protectorat français d’Annam et, en 1928, il devient Gouverneur général de l’Indochine française. Il décède dans un accident d’avion, dans la Nièvre, le 15 janvier 1934.

Paul Ducuing, Pierre Pasquier, médaillon, bronze, vers 1934
Tombe Pasquier, cimetière Saint-Pierre, 10e arrondissement

Sa tombe se compose d’une stèle en pierre dont le sommet polylobé accueille, en bas-relief, deux dragons asiatiques de part et d’autre d’un œuf, symboles de vie et de renaissance. Elle s’orne également de son portrait en médaillon en, modelé par le sculpteur Paul Ducuing (Lannemezan, 1867-Toulouse, 1949). Ce choix s’explique du fait que l’artiste a obtenu du ministère des Colonies une mission pour achever plusieurs commandes importantes en Indochine, en Annam et au Cambodge de décembre 1921 à décembre 1924. Les deux hommes se connaissaient. Le médaillon est fondu en bronze par Gaston-Auguste Lamy (1884-?) dans sa fonderie de Chatillon-sous-Bagneux, ouverte en 1926

Signatures du sculpteur et du fondeur

dimanche 25 janvier 2026

La vente après décès d’Ève Botinelly 2

Le vendredi 30 janvier 2026, l’étude Audap & associés effectuera, à l’Hôtel Drouot, la vente après décès d’Ève Botinelly (1933-2025), fille du sculpteur Louis Botinelly (1883-1962). Voici aujourd’hui un échantillon des pièces intéressantes de cette vente en lien avec Marseille :

Louis Botinelly, Gaby Deslys, médaillon, plâtre, Ø 55 cm, vers 1920
Lot 14 – estimation 300 / 500 € – vendu 700 €

À la mort de Gabrielle Caire dite Gaby Deslys (1881-1920), la famille sollicite Auguste Carli (1868-1930) pour décorer la tombe de la célèbre artiste de music-hall mais, trouvant le devis trop élevé, se tourne alors vers Botinelly. Celui-ci réalise un magnifique médaillon en marbre dont nous avons là le modèle.

Louis Botinelly, L’Asie, tête, plâtre, 55 x 35 x 44 cm, vers 1925-1927
Lot 36 – estimation 500 / 800 € – vendu 900 €

Cette tête est une étude pour l’allégorie principale des Colonies d’Asie, situées au pied de l’escalier monumental de la gare Saint-Charles en vis-à-vis des Colonies d’Afrique. Ces décors sont inaugurés par le président de la République Gaston Doumergue le 24 avril 1927.

Louis Botinelly, Les Activités de l’Afrique occidentale et Les Possessions indochinoises, médaillons, plâtre, 24 x 50 cm, vers 1930
Lot 7 – estimation 200 / 300 € – vendu 2 100 €

Ces épreuves sont la réduction des reliefs réalisés pour l’ornementation du pavillon de la Chambre de commerce de Marseille à l’Exposition coloniale de 1931, à Paris, et qui sont conservés au palais de la Bourse.

Louis Botinelly, La Loi et la Justice protégeant le Droit, groupe, terre cuite, 65 x 60 x 20 cm, vers 1933
Lot 18 – estimation 800 / 1 000 € – vendu 2 200 €

Cette œuvre est l’esquisse du groupe commandé par le département des Bouches-du-Rhône pour le salon d’honneur du tribunal de commerce de Marseille construit par Gaston Castel (1886-1971) et inauguré le 16 juillet 1933.

Louis Botinelly, Sainte-Thérèse de l’Enfant Jésus, maquette, plâtre, 53 x 37 x 18 cm, vers 1933
Lot 11 – estimation 300 / 500 € – vendu 200 €

Botinelly réalise plusieurs statues de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Celle-ci est l’une de ses préférées car elle a été conçue pour sa paroisse des Chutes-Lavies en 1933. Ici, la jeune carmélite ouvre les bras en croix et tient une rose dans chacune de ses mains.

Louis Botinelly, Saint Mathieu, statue, plâtre, 89 x 27 x 26 cm, vers 1937
Lot 34 – estimation 200 / 300 € – négocié hors vente par la DRAC PACA pour La Major

Cette œuvre est la maquette de l’un des quatre évangélistes commandés par Mgr Maurice Dubourg pour orner la croisée du transept de la cathédrale de La Major.

Louis Botinelly, Marie-Madeleine, statue, plâtre patiné, 103 x 30 x 26 cm, vers 1955
Lot 38 – estimation 500 / 800 € – vendu 400 €

Cette œuvre est le modèle au demi d’exécution de la statue en pierre conçue pour la basilique Sainte-Marie-Madeleine des Chartreux.

Louis Botinelly, La Victoire, bas-relief, plâtre patiné, 40 x 50 cm, vers 1955-1957
Lot 13 – estimation 300 / 500 € – vendu 600 €

En 11 juillet 1939, Botinelly remporte un concours pour l’érection d’un monument à la gloire du XVe corps d’armée qui, compte tenu du contexte historique, est enterré. Après-guerre, le sculpteur essaie de raviver la commande. Il y réussit enfin avec un autre projet beaucoup plus simple : une stèle avec une Victoire qui est inaugurée le 15 décembre 1957 dans la caserne du Muy (aujourd’hui déplacée à la caserne Audéoud).

Louis Botinelly, L’Étude, bas-relief, plâtre, 30 x 30 cm, vers 1959
Lot 10 – estimation 50 / 100 € – vendu 120 €

Ce relief s’inscrit dans la réalisation d’une série de douze bas-reliefs destinés à orner le pourtour de l’entrée de l’Immobilière des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse, aujourd’hui Cité des association (93, La Canebière). Il s’agit du premier des panneaux sur le thème des métiers de l’architecture.

vendredi 16 janvier 2026

La vente après décès d’Ève Botinelly 1

Le vendredi 30 janvier 2026, l’étude Audap & associés effectuera, à l’Hôtel Drouot, la vente après décès d’Ève Botinelly (1933-2025), fille du sculpteur Louis Botinelly (1883-1962). Lors de cette vacation sera dispersé l’intérieur de son appartement parisien que j’ai bien connu. Voici donc un échantillon des pièces intéressantes de cette vente :

Charles Floutard (1926-2006), Ève Botinelly, h/t, 194 x 128 cm, vers 1950
Lot 63, estimation 100/200 € - vendu 400 €

Après la Seconde Guerre mondiale, Floutard commence à gagner sa vie en portraiturant les soldats américains en escale à Marseille. Dans les années 1950, il est soutenu par Louis Botinelly qui lui commande un grand portrait en pied de sa fille en robe de soirée.

Elemer Vagh-Weinmann (1906-1990), Louis Botinelly, h/p, 51 x 37 cm, vers 1949
Lot 1, estimation 150/200 € - vendu 120 €

Maurice Vagh-Weinmann (1899-1986), Louis Botinelly, h/p, 60 x 49 cm, 1949
Lot 30, estimation 150/200 € - non vendu

Les frères Vagh-Weinmann, hongrois de naissance, s’installent en France dans les années 1930. Ils sont naturalisés au sortir de la guerre. En 1949, ils sont de passage à Marseille où ils fréquentent la scène artistique locale dont Louis Botinelly.

Louis Botinelly, Madeleine Nicolet (1896-1978), buste, plâtre doré, 37 x 23 x 20 cm, 1921
Lot 37, estimation 200/300 € - vendu 150 €

Louis Botinelly divorce de Jeanne Gaillard (1885-1962) le 27 mai 1921 ; il se remarie le 15 décembre suivant avec Madeleine Nicolet, sa jeune maîtresse rencontrée à Avignon pendant la Première Guerre mondiale. Cette même année 1921, il expose son portrait à l’exposition de l’Association des artistes marseillais (n°381) ; il l’intitule Buste de Mme B., montrant ainsi qu’il compte bien épouser celle qui illumine littéralement sa vie.

Louis Botinelly, Madeleine Botinelly souriant, buste, marbre rose de Milan, 37 x 30 x 14 cm, vers 1922-1925
Lot 62, estimation 400/600 € - vendu 450 €

À l’origine, ce très beau buste se dégageait de la gangue brute du marbre et la jeune femme arborait une fleur dans sa chevelure. À une date inconnue, Louis Botinelly a retravaillé le portrait, supprimant l’écrin minéral et la fleur.

Louis Botinelly, Madeleine Botinelly, buste, pierre de Brouzet partiellement teintée, 37 x 30 x 14 cm, 1933
Lot 55, estimation 400/600 € - vendu 550 €

Botinelly expose ce nouveau buste de son épouse à Marseille (galerie Jouvène, 1933) et à Paris (Salon de la Société des artistes français, 1934, n°3484). Bien que la coiffure soit Art déco, la pose frontale, le collier pectoral, la moue ainsi que la polychromie évoquent le célèbre buste de Néfertiti et l’art égyptien de la période armanienne.

Louis Botinelly, Éternelle jeunesse, statue, calcaire rose granité du Gard, 190 x 52 x 44 cm, 1960
Lot 23, estimation 3 000/5 000 € - vendu 4 300 €

Cette magnifique sculpture, réalisée deux ans avant la mort de Botinelly, montre la vigueur et la virtuosité de l’artiste au sommet de son art. C’est assurément l’un de ses chefs-d’œuvre.

lundi 12 janvier 2026

La Visitation de la Vierge Marie (sculpteur anonyme)

Anonyme,
La Visitation de la Vierge Marie, bas-relief, lavé émaillée, 1898
Église Notre-Dame du Mont, rue Fontange, 6e arrondissement © Robert Valette

L’église Notre-Dame du Mont possède en façade l’un des décors sculptés les plus intéressants de Marseille mais sur lequel on ne sait quasiment rien : La Visitation de la Vierge Marie ou Rencontre de la Vierge Marie avec sa cousine Élisabeth. Cet épisode biblique commémore la future naissance du Christ et de Jean le Baptiste.
Le sanctuaire néoclassique, consacré le 29 février 1824, successivement agrandi en 1855 et en 1886, ne reçoit que très tardivement – en 1898 – un décor sculpté sur sa façade principale. De fait, on peut se demander s’il ne s’agit pas du don d’un généreux paroissien.
L’auteur du bas-relief reste, pour l’heure, anonyme. Toutefois, on sait que le modèle a été reproduit sur plaques de lave – du Vésuve, précise Adrien Blès dans son précieux Dictionnaire des rues de Marseille – et émaillées dans un atelier toulousain. La polychromie de la frise permettant sa parfaite lisibilité est totalement inédite dans l’art religieux phocéen. Espérons que le prochain classement des Monuments historiques permettra d’en apprendre davantage !